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Morgane François: «J’apporte des idées neuves et une vision moderne»

VOG

INTERVIEW. Morgane François a pris les rênes du groupe de coiffure Vog le 26 juin. Diplômée de l’Edhec, elle détaille, pour Profession bien-être, ses principales priorités pour les prochains mois. Avec, à 33 ans, un regard neuf sur la profession.

Profession bien-être : Comment vous-êtes vous préparée à votre nouveau rôle dans le groupe Vog ?

Morgane François : Vous savez, j’ai grandi en entendant parler de l’entreprise tous les jours et j’y travaille depuis dix ans ! J’ai commencé par m’occuper de l’événementiel à 24 ans, puis j’ai géré notre centrale d’achat e-commerce pendant quelques années, sans envisager de devenir présidente. En septembre, j’ai rejoint le comité de direction, sous la direction de Monsieur et Madame François, et de Francois Duytschaeve, notre directeur général. L’idée de me nommer présidente a émergé en janvier, après une réflexion sur l’avenir du groupe. Depuis, nous avons des réunions hebdomadaires et je suis étroitement accompagnée par notre directeur général.

À 33 ans, vous avez aussi un regard neuf et jeune sur le marché de la coiffure. Que pensez-vous apporter au groupe Vog ?

J’apporte des idées neuves et une vision moderne. On a des équipes plutôt jeunes, cela nous permet de nous challenger et de rester à la pointe de la tendance. Et comme je suis de la génération des coiffeurs qui démarrent leur carrière, mon âge est donc un atout pour comprendre la mutation actuelle, car il y a un désengagement des jeunes, qu’il faut séduire à nouveau. On en a beaucoup ! Un matin, ils se réveillent et ils se disent : je veux faire autre chose… Pour nous, cela se traduit par un gros problème de recrutement.

Comment l’expliquez-vous ?

Depuis les années 1990, la place du travail dans la vie des Français est passée de 60% à 21% ! Les jeunes veulent aujourd’hui leurs quatre jours, leur week-end, leur mercredi, etc. La qualité de vie au travail, c’est quelque chose qui m’importe beaucoup. Et je compte bien en parler en allant à la rencontre de ces jeunes. Il leur faut aussi une vision sur l’avenir et des possibilités d’évolution professionnelle.

Le recrutement, c’est un problème récurrent dans la coiffure. Qu’est-ce que ça change pour un responsable de salon ?

Avant, les coiffeurs faisaient leur travail avec passion. Aujourd’hui, le collaborateur arrive avec tous ses problèmes. Cela demande une autre façon de manager les équipes. Il ne faut pas se focaliser sur la productivité des coiffeurs. Il faut les challenger, les faire sortir du cadre du salon, les amener en formation, pour qu’ils découvrent les tendances, les nouveaux produits, les nouvelles techniques de coupe, etc. Le chef d’entreprise doit apprendre à animer ses équipes. C’est comme ça qu’on peut éviter que le collaborateur s’ennuie dans son métier.

On parle beaucoup de hausse du Smic en ce moment. L’augmentation salariale, c’est un levier important pour motiver des collaborateurs ?

Notre marge est quand même faible, surtout pour un concept comme Tchip ou Mon coiffeur exclusif. Sur la marque Vog, on pourra s’adapter. Dans tous les cas, c’est quelque chose que nous avons immédiatement prise en compte. Dès le soir du second tour, on a créé une cellule d’urgence pour anticiper les changements à venir et les moyens de nous adapter. On a vu que les jeunes étaient très impliqués dans ces élections. Ils seront sans doute beaucoup plus demandeurs sur le plan salarial. C’est pourquoi je pense que toute la profession doit prendre la parole sur ce sujet. 

On a évoqué le recrutement. Quels sont les autres défis qui attendent le groupe Vog ?

Un de mes prochains défis, c’est la modernisation des marques, sans bouleverser le socle mis en place par M. François. On ne peut pas se contenter de dire qu’on est le deuxième groupe de France et ne rien faire face à une concurrence de plus en plus vive ! On va d’abord reconsolider Tchip, pour être au plus près des attentes de consommatrices.

De son côté, la marque Vog, qui a quand même 45 ans, va être refondue. Quant à l’enseigne Mon coiffeur exclusif, qu’on a rachetée en 2012, son concept a déjà été modifié deux fois, notamment en 2023, autour de la communauté des indépendants, et nous allons poursuivre son développement.

Quel est le modèle économique de Mon coiffeur exclusif ?

Nous avons opté pour l’affiliation, afin de permettre aux coiffeurs de garder leur indépendance, tout en étant accompagnés. On leur apporte plusieurs savoirs : la coiffure, avec nos collections, la formation, le marketing, avec un partenariat exclusif (Schwarzkopf Professional, ndlr), et puis une activité coaching, selon les besoins de chaque affilié. Aujourd’hui, nous avons environ 50 salons et notre objectif est d’atteindre au moins 150 à court terme.

L’an dernier, Franck François nous avait expliqué que le mot franchise pouvait faire peur à certains investisseurs, d’où la mise en place d’une formule mensuelle d’abonnement, avec plus de souplesse. C’est votre opinion également ?

J’ai toujours été très franchise, mais je pense qu’il faut s’adapter aux besoins des entrepreneurs. Certains ont besoin d’être très carrés dans un concept Tchip, avec des prix fixes. D’autres veulent être plus flexibles : c’est le cas de Vog, où le salon est au concept, et donc avec du mobilier, mais on peut quand même apporter des touches de personnalité. Avec Mon coiffeur exclusif, on fait des préconisations, mais les coiffeurs gardent leur personnalité. Dans tous les cas, il ne faut pas se fermer des portes. J’aime aussi beaucoup l’indépendance et la créativité !

Propos recueillis par Georges Margossian.

LIRE AUSSI : Franck François (Vog) : « Les formateurs ne sont pas assez formés »

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