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Marc Aublet (Provalliance) : « Pour motiver les jeunes, on a adopté une démarche très proactive »

PROVALLIANCE

Le leader mondial de la coiffure Provalliance (Franck Provost, Jean-Louis David, Saint Algue…) poursuit sa mue, trois ans après son rachat par Core Equity Holdings. Un changement de culture d’entreprise qui l’amène à revoir sa politique de ressources humaines, réaménageant les horaires de travail et affinant ses méthodes de recrutement. Entretien avec Marc Aublet, son PDG.

Profession bien-être : Trois ans après l’arrivée du fonds belge Core Equity Holdings dans son capital, où en est le groupe Provalliance ?

Marc Aublet : Core Equity est arrivé juste après la période du Covid, qui était un peu compliquée pour la coiffure et pour Provalliance, en particulier, parce que nous avons une grosse partie de notre business, notamment en France, qui est en succursales. Sur 1 800 salons français, 350 sont détenus en propre. Ce sont des affaires importantes, principalement implantées dans les centres commerciaux, et ces derniers ont été très impactés par leur fermeture, en 2021, au moment où la vie sociale des gens reprenait et que tous les salons situés en centre-ville et dans les petits centres commerciaux ont été rouverts. 

Du coup, on a perdu une bonne partie de notre clientèle dans les centres commerciaux et on essaye, depuis, de la reconquérir. J’ajoute que nous traversons une période de transformation dans l’entreprise, passant d’un mode de gestion familial à un mode un peu plus financier.

Franck Provost a beaucoup communiqué dans les médias sur la nécessité, pour la profession, de revaloriser ses tarifs. Est-ce envisageable en 2024 ?

Oui, parce que, derrière cette revalorisation, on a besoin d’augmenter les salaires, car, dans tous les métiers de service, comme la coiffure ou l’esthétique, il y a une pénurie de vocations, même si, cette année, on sent que ça va un petit peu mieux. Si on souhaite avoir des tarifs plus élevés, ce n’est donc pas pour gagner plus d’argent, c’est pour pouvoir avoir moins de soucis avec le personnel. Dès lors que vous êtes numéro un dans un métier de service, il faut avoir suffisamment de personnes. Une cliente qui est très contente de son salon, de l’équipe et de la qualité de service est fidèle et un petit peu moins sensible au prix. 

Plus de 700 apprentis travaillaient dans vos salons en 2023. Le problème, comme tous les coiffeurs le savent, c’est d’arriver à garder les bons, car ceux qui se débrouillent bien veulent s’installer à leur compte. Comment faites-vous pour les motiver ?

Avant, en fait, on était assez passifs : les jeunes postulaient pour travailler dans nos salons. Depuis un an, notre service RH a adopté une démarche très proactive. En 2023, on s’est rendu dans les écoles partout en France pour présenter Provalliance, les opportunités de carrière au sein du groupe, et cela nous a permis d’avoir beaucoup plus de candidats.

On s’est dit qu’on allait régler nos problèmes de personnel de deux façons : d’abord, en essayant de recruter des jeunes et, ensuite, en offrant de meilleures conditions à ceux qui sont avec nous depuis longtemps. Comment ? En travaillant sur la flexibilité des horaires, la semaine des quatre jours, les samedis, ou encore la mise en place de tickets restaurant. On prend aussi contact régulièrement avec les jeunes, pour savoir s’ils se sentent bien dans le salon et dans cette profession, s’il y a des choses qu’il faut changer, s’ils sont bien encadrés, etc. 

Finalement, je trouve qu’on a un très bon taux de rétention pour tous ces apprentis depuis le début de notre démarche. C’est très encourageant pour l’avenir. En ce début d’année, on va aller chercher les meilleurs profils, un peu comme les grandes entreprises le font auprès des écoles d’ingénieurs ou de commerce.

Compte tenu du contexte économique, vos réseaux développés en franchise ont-ils continué de recruter en France ?

Mais oui ! On est très contents du développement de la franchise, qui continue à être très dynamique. On a ouvert à peu près une cinquantaine de nouveaux salons l’année dernière, notamment sous la marque The Barber Company. On a aussi beaucoup de projets sous les marques Franck Provost, Jean-Louis David et Saint Algue pour cette année. Au total, on espère ouvrir entre 60 et 70 franchises en 2024. Il y a encore un peu de frein, parce que les taux sont élevés, mais dès lors qu’ils vont baisser, c’est ce qui est annoncé, je pense que ça accélèrera un peu le phénomène.

Vous venez d’ouvrir votre premier salon en Inde. Estimez-vous que le marché européen est trop compliqué aujourd’hui ?

Non, pas du tout. On est déjà présents dans une trentaine de pays avec des masters franchises et on pense qu’il y a encore beaucoup de choses à faire en Europe. Par exemple, nous sommes totalement absents de marchés comme l’Angleterre, l’Allemagne et tous les pays du Nord. Seulement, le marché de la beauté est en train d’exploser en Inde. Toutes les grandes marques et L’Oréal, la première, sont en train de réaliser des croissances incroyables dans ce pays, qui est, comme on sait, gigantesque, et il se trouve qu’on a rencontré des entrepreneurs indiens qui avaient réussi dans d’autres secteurs.

LIRE AUSSI : Les ambitions internationales du groupe de coiffure Provalliance

Le groupe Dessange vous intéresse toujours ?

Qui ne serait pas intéressé par Dessange ? C’est une marque absolument magnifique, qui a été un modèle. Monsieur Provost a toujours dit qu’il avait eu deux modèles quand il a créé son entreprise, Dessange et Jean-Louis David, deux marques à la fois dans la réussite économique mais aussi artistique. On est persuadés qu’il y aurait sûrement beaucoup de valeur ajoutée un jour à unir nos forces. Qui sait ce que l’avenir nous réserve…

Le concept de beauté globale, comme celui que développe Dessange, alliant la coiffure à l’esthétique, c’est quelque chose qui vous séduit aujourd’hui ?

Sur ce sujet, on a des convictions assez profondes. On estime que la beauté globale correspond à un segment très privilégié, très haut de gamme. Ce que fait Dessange, c’est totalement légitime, parce qu’il s’adresse à une clientèle aisée, avec des tarifs très élevés, compte tenu de la qualité des services, de la beauté des salons et de l’offre proposée. Pour une clientèle qui a du temps et de l’argent, c’est bien de pouvoir rassembler, dans une seule et même journée, tous ces services.

En revanche, quand on est sur une clientèle un peu moins aisée, plus active, qui travaille, c’est un peu plus compliqué. Sur des marques comme Franck Provost, c’est une clientèle qui veut avoir un moment pour faire ses ongles, un autre pour la coiffure et encore un autre pour des épilations ou des soins. Elle n’a pas forcément le loisir ni les moyens de faire tout en même temps.

Propos recueillis par Georges Margossian.

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