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Les bars à boucles, une nouvelle ère pour les cheveux bouclés ?

CHEVEUX BOUCLÉS

Les bars à boucles ont le vent en poupe. Aujourd’hui, plusieurs centaines de salons spécialisés dans la gestion des textures bouclées, crépues ou frisées viennent répondre à une demande de plus en plus forte de la part des clientes.

Un phénomène nouveau ? Assurément oui, si l’on en croit le témoignage de Sarah, qui raconte son expérience des salons traditionnels à France 3 Paca : «Cela faisait six ans que je n’avais pas mis les pieds dans un salon. J’avais l’impression qu’on ne parlait pas la même langue».

Elle se souvient des nombreuses tentatives de coiffure qui se soldaient par des échecs, des coiffeurs appliquant des techniques ou des produits inadaptés à sa texture capillaire. Plutôt que de mettre en valeur ses boucles, ils cherchaient à lisser ses cheveux, souvent à l’aide de produits chimiques agressifs, selon la cliente. 

Un constat partagé par Magalie, qui a fait le déplacement à Marseille depuis les alentours d’Aix-en-Provence pour trouver un bar à boucles. «On est dans un entre-deux. Ce n’est pas évident de trouver un lieu spécialisé pour notre type de cheveux. Ce n’est pas lisse, donc ce n’est pas adapté aux coiffeurs traditionnels, et, le coiffeur afro qui se rapproche un peu plus de notre texture, on s’imagine qu’il va nous proposer des tresses ou des défrisages», explique la jeune femme à notre consoeur. 

Ce manque de spécialisation dans les salons traditionnels n’a pas non plus échappé à Nadia, mère d’une adolescente aux cheveux bouclés. «Je continue d’aller dans les salons classiques pour mes colorations. En revanche, je sais que je repartirai toujours les cheveux mouillés, car ils ne savent pas les sécher et encore moins les coiffer, du moins si je ne veux pas ressembler à un caniche», soupire-t-elle…

Les cheveux naturels ont la cote

C’est dans ce contexte que les bars à boucles se sont imposés comme une solution, offrant une approche à la fois éducative et bienveillante. Ils réussissent ainsi à réconcilier les clients avec leurs cheveux au naturel. «La coiffure des cheveux bouclés demande une expertise particulière que l’on n’apprend pas toujours dans les formations classiques», explique Inès, fondatrice d’un des premiers bars à boucles marseillais, Bouclissime, également citée par France 3.  

«J’ai suivi des formations américaines sur des techniques comme le ‘finger coil’ ou le ‘scrunching’. Ces apprentissages ont un coût, tout comme les produits que nous utilisons, généralement sans sulfates ni silicones, cela explique aussi le coût des prestations», ajoute la coiffeuse, dont les clients doivent attendre près de deux mois pour décrocher un rendez-vous. 

C’est grâce aux réseaux sociaux que la tendance des cheveux naturels prend une telle ampleur. Sur Instagram, le hashtag #curlyhair compte plus de 40 millions de publications, tandis que TikTok en totalise près de 4 millions. Tutoriels, conseils de produits et routines capillaires fleurissent, incitant de nombreuses personnes à renouer avec leur texture naturelle. Des influenceuses comme Kenza Bel Kenadil, qui se revendique «militante contre la discrimination capillaire», ou Shera, en font même le cœur de leur contenu.

Les initiatives se multiplient en France

Depuis un an, les cheveux bouclés, frisés et crépus bénéficient d’une reconnaissance accrue en France avec le lancement d’un CQP spécialisé, même si beaucoup de choses restent encore à faire. Dans le même temps, les députés ont adopté au printemps dernier, en première lecture, une proposition de loi visant à interdire la discrimination capillaire au travail.

Enfin, le groupe Provalliance a lancé cet automne une formation spécialement conçue pour les cheveux texturés. Son objectif : assurer une prise en charge professionnelle et inclusive de tous les types de cheveux dans ses 3 000 salons à travers le monde.

LIRE AUSSI : Sylver Boll (Provalliance) : « Nous avons voulu déculpabiliser les coiffeurs sur les cheveux frisés et crépus »

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