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Éric Léturgie : « En 2023, l’employabilité est devenu un élément primordial »

L’année s’achève et c’est le moment des bilans. Pour dresser un état des lieux de la coiffure en 2023, Profession bien-être a rencontré le formateur Éric Léturgie, toujours très impliqué dans la revalorisation du métier de coiffeur.

Profession bien-être : Que peut-on retenir des tendances coiffures de 2023 ?

Éric Léturgie : On a pu noter une vraie progression sur les soins, comme les soins réparateurs. Et bien sûr, l’expérience client, de plus en plus mise en avant, même si cela reste la chasse gardée des salons haut de gamme. 

Et la beauté globale ?

Là encore, cela reste du ressort du haut de gamme. On rajoute des prestations, comme le massage crânien, mais cela ne suffit pas. Les barbiers sont les seuls à avoir intégré la notion d’expérience client. On vient chez le barbier pour se faire plaisir, pour que l’on s’occupe de vous. C’est presque une activité de loisir.

Les barber shops les plus fréquentés sont ceux qui restituent une ambiance. Ils véhiculent une nouvelle idée de la beauté globale pour les hommes. Chaque salon de barbier possède sa propre identité. À l’inverse,  les salons de coiffure féminins se ressemblent tous…

Dans les tendances 2023, on a beaucoup parlé du retour de la boucle …

Cela fait partie des cycles de la coiffure. Une année, on prône les longueurs lisses, une autre année, on met en valeur les coupes courtes. En 2023, c’était la boucle. Cela vient aussi du fait que les clientes veulent des coiffeurs faciles à entretenir. Elles ont pris l’habitude, avec la pandémie, de moins venir se faire coiffer. D’où le retour en grâce des cheveux texturés ou d’une nouvelle appétence pour la coloration végétale…

Alors, comment faire revenir la cliente en salon l’an prochain ?

En proposant un vrai conseil. Les coiffeurs ne sont pas formés au conseil, alors que c’est ce qui pourrait leur être le plus utile. Et de les pousser dans cette direction ne pourrait que renforcer leur expertise. Or, c’est cette reconnaissance de l’expertise qui cimente la confiance de la cliente.

Vous en revenez toujours à la formation ?

Tout simplement parce que c’est la base. La chose essentielle, c’est de former les futurs coiffeurs aux nouvelles évolutions de la profession. Il y aura toujours deux courants : celui des salons haut de gamme, avec des objectifs de rentabilité, qui permettent au coiffeur d’envisager une carrière, et celui de l’entrée de gamme, avec des salons à prix réduits.

Les coiffeurs sont d’ailleurs très friands de formation : ils en ont toujours beaucoup consommé. Mais il s’agissait de formations spécifiques, coloration ou coupe. En leur proposant des formations qui s’apparentent plus au coaching, on peut obtenir des résultats concrets.

Comment évaluer ces résultats concrets ?

Il faudrait trouver le moyen de prouver ce qu’une formation change financièrement dans un salon de coiffure. Certains programmes font témoigner leurs participants, mais ce n’est pas suffisant. Il existe des formations qui peuvent véritablement booster la rentabilité. Leur premier objectif, c’est de créer des compétences pour transformer le métier.

Après avoir fait un tour de France des CFA pendant plus d’un an, je peux vous assurer qu’il y a une vraie appétence des jeunes pour ce métier. S’il y a une chose à retenir de cette année, c’est que, pour la première fois, l’employabilité est devenue un élément primordial.

Propos recueillis par Siska von Saxenburg.

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