Sur les réseaux sociaux, le rejet du tatouage s’impose comme une nouvelle norme esthétique. Sur TikTok, la tendance #cleangirl érige en modèle les femmes sans tatouages, perçues comme des «filles propres», rapporte Ouest-France dans un article consacré à ce nouveau phénomène.
À l’inverse, celles portant des motifs sur la peau auraient, selon ce discours, «détruit leur beauté naturelle», explique le site britannique Dazed. Cette rhétorique, devenue virale, repose sur une vision idéalisée de la beauté naturelle, sans marque ni modification visible.
La culture populaire s’en est aussi emparée. Une formule lancée en 2009 par Kim Kardashian est ainsi souvent reprise sur TikTok pour valoriser l’absence de tatouages : «Tu mettrais un autocollant sur une Bentley ?», ironisait-elle à l’époque quand on l’interrogeait sur son absence de tatouages.
Selon Dazed, ce mouvement anti-tatouage s’inscrit dans une dynamique plus large de retour aux normes esthétiques traditionnelles. «Le sentiment anti-tatouage actuel reflète également un changement plus large vers des tendances beauté plus conservatrices, notamment les ‘boucles traditionnelles’ sans utilisation d’appareil, le maquillage minimaliste, les couleurs de cheveux latte, l’extrême minceur et une tendance à des actes de chirurgie plastique plus subtils et moins visibles», analyse le site branché sur les tendances culturelles.
Ce recentrage sur une beauté plus discrète trouve aussi ses racines dans des préoccupations économiques. Confrontée à un marché du travail compétitif, la génération Z privilégierait l’apparence la plus conforme possible pour maximiser ses chances de réussite, poursuit Ouest-France.
Le détatouage, nouveau marqueur social
Symbole autrefois d’appartenance ou de singularité, le tatouage devient progressivement un marqueur social inversé. Aujourd’hui, ne pas arborer de dessins sur la peau s’affiche comme un signe de distinction : «41% des Américains de moins de 30 ans ont aujourd’hui un tatouage, mais seule une partie d’entre eux auraient les moyens de se le faire enlever au laser», observe Dazed.
En France, la fin programmée du Mondial du tatouage (le dernier est annoncé pour fin janvier 2026), à Paris, confirme l’essoufflement d’une époque. «La plus belle convention du monde pour beaucoup est aussi celle qui coûte le plus cher. Et le trop plein de nouvelles conventions de tatouage aura épuisé le public des anciennes. C’est sûrement la fin d’une belle époque pour le microcosme des tatoueurs », ont admis les organisateurs, cités par Ouest-France. Un constat amer pour un secteur qui, après des années d’euphorie, amorce un virage délicat.
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