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Droits de douane : pourquoi la Febea appelle à une réponse « calme et proportionnée »

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L’instauration de droits de douane de 20% par les États-Unis sur les produits européens, annoncée le 2 avril, suscite de vives préoccupations dans l’industrie cosmétique française. Face à cette nouvelle offensive commerciale, la Fédération des entreprises de beauté (Febea) appelle à la retenue.

Le 2 avril, l’administration américaine a annoncé une surtaxe de 20% sur les importations de produits européens, visant notamment les secteurs du luxe, des cosmétiques et des spiritueux. Pour les industriels français de la beauté, la nouvelle est loin d’être anodine : avec près de 3 milliards d’euros de produits exportés vers les États-Unis en 2024, dont plus de la moitié en parfumerie, le marché américain représente à lui seul 13% des exportations du secteur.

Dans un communiqué publié jeudi soir, la Febea déplore une mesure qui pourrait «fragiliser les entreprises européennes par une baisse de leur compétitivité ou de leurs marges». Elle rappelle que, jusqu’à présent, les relations transatlantiques dans le domaine cosmétique reposaient sur un équilibre sans droits de douane réciproques.

Dans cette nouvelle phase de tensions, la fédération alerte aussi sur les conséquences pour le consommateur américain, confronté à «une offre réduite ou des prix plus élevés». Elle observe que d’autres pays exportateurs sont aussi touchés, comme la Corée, le Japon ou la Chine, ce qui pourrait intensifier la pression concurrentielle sur d’autres marchés internationaux.

La Febea appelle à la désescalade

«La guerre commerciale ne fait que des perdants», souligne la Febea, qui refuse d’entrer dans un cycle d’escalade commerciale. «Il est essentiel de ne pas répondre par une logique de surenchère, mais de construire une réponse européenne unie, calme et proportionnée», soutient-elle dans son communiqué.

Alors que la présidence française a organisé jeudi une réunion avec les représentants des filières impactées, Emmanuel Macron plaidant pour une suspension des investissements aux Etats-Unis «à venir ou annoncés ces dernières semaines», la fédération appelle, quant à elle, à privilégier la diplomatie et à renforcer la compétitivité sur le marché intérieur, qui pèse 10 milliards d’euros, soit 40% des exportations de la filière.

La Febea rappelle enfin que le savoir-faire français en cosmétique est «non délocalisable » et constitue un levier de souveraineté industrielle. À condition, selon elle, d’adopter une stratégie européenne «concertée, proactive et ambitieuse», à la fois diplomatique et industrielle.

Des motifs d’optimisme pour le secteur ? 

Malgré la tension, certains acteurs du secteur tentent de relativiser la portée immédiate de la mesure. Interrogé jeudi sur France Bleu, Christophe Masson, directeur général de Cosmetic Valley, évoque des «éléments rassurants» bien que le contexte soit jugé défavorable. 

«Ça aurait pu être pire», estime-t-il, soulignant le fait que les principaux concurrents de la France, la Corée du Sud, la Chine, sont tout autant taxés  «L’approche qui est proposée est finalement globale. On se trompe peut-être, mais on peut espérer que ça puisse jouer sur des taux de change, sur la valeur du dollar par rapport à l’euro», ajoute le directeur général du pôle de compétitivité.  

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