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Coiffure : un métier trop dur pour les jeunes ?

apprentie coiffeuse

Le secteur fait face à des ruptures de contrats plus fréquentes, des abandons rapides et des allergies croissantes chez les jeunes. Malgré une hausse de l'apprentissage depuis 2018, la situation reste inquiétante pour les coiffeurs, rapporte France 3 Normandie.

«Il y a 15 ans, on avait des listes d’attente, tout le monde voulait entrer en coiffure. Aujourd’hui, on n’a pas assez de jeunes à proposer aux employeurs pour rentrer en apprentissage», observe Sandrine Prevel, formatrice en coiffure, interrogée par France 3 dans un reportage sur la profession en Normandie.

En attendant, cette pénurie de personnel pèse sur l’activité de certains coiffeurs. «J’ai une baisse de chiffre affaires, parce que je n’ai pas assez d’employés», s’inquiète Sophie Lemaitre, citée dans le reportage. Propriétaire d’un salon au Havre (Seine-Maritime), elle s’efforce de trouver une coiffeuse à plein temps depuis quatre mois. Sans succès. 

«J’ai mis des annonces partout, mais personne ne se présente», se désole la cheffe d’entreprise, qui a instauré des primes et réorganisé ses horaires en fermant le mercredi, dans l’espoir d’attirer des femmes qui veulent disposer de plus de temps pour leurs enfants. 

Et les bons chiffres de l’apprentissage (+7% en 2022) ne semblent pas inverser la donne. Pour faire tourner son salon, Sophie a embauché trois apprentis, au lieu d’un seul habituellement. Problème : de moins en moins de jeunes se passionnent pour la coiffure et «l’abandon en cours de formation augmente», souligne France 3. 

«Ils arrivent avec des étincelles dans les yeux. Et puis, parfois, peut être que l’ambiance au travail n’est pas celle escomptée, peut être qu’ils ne s’attendaient pas à ce que l’école et la formation soient aussi poussées pour entrer en coiffure… », reconnaît Sandrine Prevel. 

Des jeunes en quête de reconnaissance

Travailler le samedi, un repoussoir ? Les élèves présents dans son salon préfèrent une autre explication. L’une d’entre elles explique ce désintérêt par le manque de considération des employeurs. «On fait des horaires assez conséquents et on n’a pas beaucoup de reconnaissance. La clientèle, ils sont très exigeants. Et puis, on n’a pas des salaires très élevés pour ce qu’on fait…», souffle Lou-Anne, en 2e année de BP. 

Ce n’est certes pas un phénomène nouveau, mais la situation ne s’arrange pas. «Nous assistons à une croissance continue du nombre d’établissements, mais cette augmentation ne s’accompagne pas d’une hausse proportionnelle du nombre de coiffeurs pour les faire fonctionner. Cela entraîne une véritable catastrophe pour l’économie du secteur», alertait Christophe Doré, président de l’Unec, en décembre. 

En clair, les salons se multiplient, mais les professionnels qualifiés se font plus rares. Quant aux entrepreneurs, beaucoup se laissent aujourd’hui tenter par la micro-entreprise, entre 70 à 90% des créateurs selon l’Unec, qui pointe la faiblesse des revenus générés par ce statut.

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