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L’Unec s’alarme de l’explosion des micro-entrepreneurs dans la coiffure

Il y a désormais plus d’établissements que de coiffeurs, s’inquiète l’Union nationale des entreprises de coiffure. L’organisation patronale redoute un «effet de ciseau», amplifié par l'explosion des micro-entreprises, qui fragiliserait durablement le secteur.

La lecture des derniers chiffres du secteur de la coiffure n’incite pas à l’optimisme. «La situation est alarmante. Nous assistons à une croissance continue du nombre d’établissements, mais cette augmentation ne s’accompagne pas d’une hausse proportionnelle du nombre de coiffeurs pour les faire fonctionner. Cela entraîne une véritable catastrophe pour l’économie du secteur», a alerté Christophe Doré, président de l’Unec, lors d’un point de presse qui s’est tenu lundi dernier.

Trop de salons pour trop peu de coiffeurs ? En tout cas, un palier a été franchi. Selon les chiffres présentés par l’organisation patronale, on recensait 109 306 établissements (+7%) fin 2022, dernière année où l’on dispose de statistiques fiables, alors qu’à la même période, le nombre de coiffeurs actifs a reculé de 2%, à environ 179 350, ce qui représente une perte de 2 162 postes.

«On glisse vers la fin du salariat», a déploré le patron de l’Unec. Les causes de ce phénomène sont multiples. D’une part, l’essor des salons n’est pas accompagné d’une réelle dynamique de recrutement. Ces derniers se multiplient, mais les professionnels qualifiés tardent à suivre.

Des chiffres d’affaires trop faibles

Mais surtout : les micro-entreprises commencent à peser lourd sur le secteur. «Le problème réside dans le fait que beaucoup de nouveaux acteurs choisissent la micro-entreprise et déclarent des chiffres d’affaires si faibles qu’ils ne rendent pas viable leur activité à long terme. C’est un véritable danger, car il y a une grande différence entre l’idée d’entreprendre et la réalité de vivre de son métier», pointe du doigt Christophe Doré.

Fin 2022, on dénombrait 29 383 micro-entrepreneurs dans le secteur, soit un bond de 4,8% par rapport à l’année précédente (+1 247). «70 à 90% des créateurs s’installent en micro-entreprises, très peu choisissent la reprise d’une activité déjà existante», a souligné le président de l’Union nationale des entreprises de coiffure.

Et si le modèle micro-entrepreneurial offre une entrée facile dans le métier, il montre aussi vite ses limites. Une coiffeuse micro-entrepreneuse touchait un revenu moyen de 6 276 euros par an en 2021, contre 18 598 euros pour une cheffe d’entreprise indépendante. Face à cette situation, l’organisation patronale propose de limiter le régime fiscal de la micro-entreprise à trois ans.

Inquiétudes pour l’apprentissage

Du coup, le secteur de la coiffure peine à se redresser. «Le chiffre d’affaires ne progresse plus», observe l’Unec. Après avoir atteint plus de 6 milliards d’euros il y a cinq ans, le secteur a vu son chiffre d’affaires reculer à 5,9 milliards l’an dernier. La situation est d’autant plus préoccupante qu’une série de réformes législatives, discutées en ce moment dans le cadre du projet de loi de finances 2025, jette quelques nuages sur l’avenir de l’apprentissage.

Une baisse de la prime de 6 000 euros ou sa suppression représenterait un coup dur pour les petites entreprises de coiffure, qui dépendent largement de cette aide pour accueillir des jeunes. Le secteur a déjà enregistré une augmentation de 1 601 apprentis supplémentaires en 2022, soit une hausse de 7%, pour un total de 23 200 apprentis.

Mais cette dynamique positive pourrait être mise à mal par des mesures mal orientées, craint l’Unec, qui estime que la suppression des aides pour les contrats de professionnalisation, à partir du 30 avril dernier, a déjà amplifié la crise. Le nombre de ces contrats est passé de 1 880, en 2018, à seulement 497 quatre ans plus tard. Un véritable coup de frein pour la formation dans le secteur.

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