« On peut faire autrement dans la coiffure ! », martèle Yohann Hubert. Et son message, il compte bien le faire passer auprès de tous ses confrères. À 40 ans, cet ardent défenseur de l’environnement vient de voir tous ses efforts : son salon de coiffure éco-responsable a été récompensé avec l’obtention d’un label. Et pas n’importe lequel : celui du champion de la certification bio, Ecocert.
«C’est vrai que quelqu’un qui se lancerait dans cette démarche sans préparation, cela pourrait être lourd à mettre en place. Moi, j’étais déjà dans une dynamique», admet le coiffeur rennais, dont le salon «Nature de cheveux» n’a rien d’un établissement bling bling. Pas d’écran lumineux en vitrine, pas d’éclairage la nuit, pas de papier à mèches, des meubles en carton de récupération…
Un salon de coiffure éco-responsable primé par Ecocert
Et surtout : pas d’odeur d’ammoniac ! «On nous dit souvent que ça sent le jardin ou les foins chez nous, mais pas le coiffeur…», sourit le propriétaire du salon, dont les pratiques respectueuses de l’environnement sont un peu une seconde nature chez lui. Yohann est un passionné. «J’adore mon métier, car il regroupe plein de passions. Je suis un coupeur. J’adore couper les cheveux, j’adore le faire dans mon jardin, mais j’adore aussi les arbres et les plantes, tout comme la colorimétrie !», s’enthousiasme-t-il.
Dans son salon, qu’il a créé en 2011. la coloration végétale bio est de rigueur, avec des gammes de cosmétiques biologiques, en vrac et solides. Douchettes Ecoheads, coloration Couleurs Gaïa, ampoules LED, partenariat avec Capillum pour le recyclage… Rien n’a été laissé au hasard. «C’est en faisant des erreurs qu’on apprend», aime rappeler le coiffeur, qui enchaîne les formations pour se perfectionner, «même avec des produits chimiques, ce qui me permet de suivre l’évolution des tendances».
Sa gestion du personnel s’est aussi adaptée à son approche du métier. «Je m’efforce de recruter des salariés sensibles à ma démarche». Pas toujours simple… «Mais une fois que les coiffeurs y ont goûté, ils ne veulent plus revenir en arrière. Ils ne sont plus obligés de travailler en apnée au-dessus de la cliente, avec les émanations chimiques, et leurs mains sont en meilleur état !», poursuit-il.
Coloration végétale : une alternative aux produits chimiques
Il y a parfois des récalcitrants. «Celui qui est un super coloriste, qui aime jouer avec les teintes, le rose fluo ou les reflets irisés, cendrés… S’il passe au végétal, il n’aura plus cette même liberté créatrice. Il en découvrira une autre. Bref, les bleus, les roses ou les blonds polaires, on oublie…», détaille Yohann, qui admet que toutes les colorations ne sont plus possibles avec le végétal.
Ses salariés, il les bichonne. Il a même mis en place un plan d’intéressement et le versement d’une prime Macron. Son salon marche d’ailleurs plutôt bien. Son chiffre d’affaires annuel avoisine les 230 000 euros. «J’ai été rentable dès la première année», assure-t-il. Le forfait coloration végétale débute à 79 euros. Avec une marge confortable car, à la différence des traitements chimiques, il n’est pas nécessaire d’ajouter de nombreux produits supplémentaires pendant la prestation.
On l’aura compris, au-delà de sa passion pour le développement durable, Yohann est aussi un bon gestionnaire. Et Ecocert ne s’y est pas trompé en délivrant son nouveau label «établissement bien-être durable», qui s’adresse aussi bien aux salons de coiffure qu’aux spas et aux instituts de beauté, voire aux salles de sport. Ses inspecteurs lui ont donné trois étoiles. Le niveau maximal d’exigence.
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