Organisé par la Société nationale des meilleurs ouvriers de France depuis 1985, le concours MAF distingue chaque année les jeunes talents qui démontrent un niveau d’excellence dans l’artisanat français. Pas moins de 444 lauréats étaient présents cette année au Théâtre du Châtelet, le 21 février. La plupart d’entre eux sont venus avec leur coach et leurs parents, pour recevoir la précieuse médaille d’or, une récompense qui couronne plusieurs mois de préparation intensive et surtout : un parcours sans faute.
Car les lauréats nationaux de ce concours, ouvert aux étudiants en voie initiale (CAP, Bac Pro) de 16 à 23 ans, se sont d’abord démarqués aux échelons départementaux et régionaux avant de réussir les épreuves finales leur permettant de décrocher le titre d’«Un des meilleurs apprentis de France».
Et chaque année, le succès de cet événement ne se dément pas. «Nous venons de finaliser les inscriptions du concours 2024 et nous arrivons à 6 726 candidats, soit une augmentation de plus de 1 200 candidats en une année », indiquait en préambule Michel Bellanger, le président de la commission MAF de la Société nationale des meilleurs ouvriers de France. Depuis 2001, le nombre de lauréats a fait un bond de 300%, ajoute-t-il.
« C’est toute une profession qui compte sur vous »
«Devenir MAF, c’est un peu comme recevoir le César du meilleur espoir, voire le César de la révélation. Ce n’est pas rien. C’est toute une profession qui vous reconnaît, qui compte sur vous pour faire reconnaître un métier», a salué Olivia Grégoire, la ministre déléguée chargée de l’Artisanat, qui a pris la parole au cours de la cérémonie, animée par Stéphane Rotenberg, le présentateur de l’émission Top Chef sur M6.
Pour les lauréats, si réussir ce parcours difficile représente une clé qui leur ouvrira de nombreuses opportunités, tous ont aussi ce goût de l’excellence, du travail bien fait et de la persévérance, si souvent évoqué lorsqu’ils recevaient leur médaille. «Mes objectifs, c’est de toujours faire mieux. C’est un métier très artistique et, plus tard, j’aimerais bien coiffer des personnalités connues et rentrer dans la grande coiffure française», s’enthousiasme Gabin Lemort.
Originaire du Calvados, il concourait dans la catégorie coiffure masculine. Il a reçu sa médaille des mains de Christophe Doré, présent en tant que président de la CMA de Normandie. La coiffure attire plus que jamais de jeunes talents. Et parfois, de très loin… C’est le cas, par exemple, de Mahdi Rezai, 19 ans, dont l’histoire compliquée n’a jamais entamé sa volonté de réussir.
Il y a trois ans, après avoir franchi la frontière européenne à bord d’un petit bateau, ce jeune Afghan, dont la famille vit en Iran, débarque en France sans ressources. Aujourd’hui, il figure désormais parmi les MAF, guidé, dans son apprentissage de la coiffure, par Christelle Aupy, gérante du salon Look Class à Gond-Pontouvre (Charente).
« Ce concours m’a fait changer d’avis »
Mais le jeune homme ne veut pas s’arrêter en si bon chemin. Prochain challenge, après son CAP qu’il n’a pas encore : les Worldskills. «Je veux faire des concours, car c’est là qu’on apprend les techniques. Le stress me manque déjà ! Et puis, plus tard, j’aimerais rentrer dans l’équipe de France de coiffure et travailler avec quelqu’un comme Raphaël Perrier », espère le jeune homme.
Inès Rousseau, quant à elle, aura bientôt 18 ans et voit, elle aussi, sa vie professionnelle avec des étoiles dans les yeux. «Au tout début de ma formation, je n’aimais pas du tout le maquillage, mais ce concours m’a fait changer d’avis. Maintenant, c’est vraiment ce que je préfère dans l’esthétique», confie la jeune fille à Profession bien-être.
Inès a d’ailleurs eu l’occasion de mettre ses nouvelles connaissances en pratique. Lors des finales nationales, à Nice, le thème de l’épreuve était un maquillage artistique sur le thème du street art… «C’était très compliqué au début, mais ma famille et mes professeurs m’ont beaucoup aidé et cela allait mieux», admet la jeune fille, qui rêve de travailler, après ses études, dans une parfumerie.
COIFFURE FEMME
Juliette Avrillon, CAP, Cifac de Caen (Calvados).
Mahdi Rezai, CAP, Campus des métiers, Cognac (Charente).
Catherine Duval, CAP, Centre de formation d’apprentis interpro, Chartres (Eure-et-Loir).
Amandine Rivola, CAP, CFA Pavie, Pavie (Gers).
Laura Labesse, CAP, Campus des métiers et de l’artisanat d’Indre-et-Loir, Joué-lès-Tours (Indre-et-Loir).
Abdelrahman Elnagar, CAP, Campus des métiers et de l’artisanat Joué-lès-Tours (Indre-et-Loir).
Ambre Dupuy, CAP, Bourguoin-Jallieu (Isère).
Livia Bard, CAP, École Darfeuille, Saint-Etienne (Loire).
Océane Pillais, CAP, URMA Laval, Laval (Mayenne).
Cilia Petit, Bac Pro, Lycée Marie Le Franc, LOrient (Morbihan).
Manon Amestoy, CAP, École de coiffure Jorlis, Anglet (Pyrénées-Atlantique).
Mathilde Jaccachoury, CAP, École Jorlis, Centre Jorlis, Anglet (Pyrénées-Atlantique).
Pauline Goya, CAP, École Jorlis Anglet (Pyrénées-Atlantique).
Marion Broussaingaray, CAP, École Jorlis, Anglet (Pyrénées-Atlantique).
Delphine Bereau, CAP, École Jorlis, Anglet (Pyrénées-Atlantique).
Adeline Haessler, CAP, Lycée André Siegfried CFA, Hagueneau (Bas-Rhin).
Théo Niglis, CAP, Centre de formation de l’artisanat de Mulhouse, Mulhouse (Haut-Rhin).
Rama Mohammed Bouzan, CAP, La maison de la coiffure, Limoges (Haute-Vienne).
Élodie Mezzanotti, CAP, CFA métropole Nice Côte d’Azur, Carros (Alpes-Maritimes).
COIFFURE MASCULINE
Gabin Lemort, CAP, CIFAQ, Caen (Calvados).
Mehdi Nino Lemoussu, CAP, Chambre des métiers et de l’artisanat, Sainte-Clotilde (La Réunion).
ESTHÉTIQUE – COSMÉTIQUE – PARFUMERIE
Julie Vieuge, Bac Pro, École d’esthétique et de cosmétiques de Tours, Tours (Indre-et-Loire).
Maelys Godard, Première Bac professionnel, École Sylvya Terrade, Cholet (Maine-et-Loir).
Inès Rousseau, Première Bac professionnel, École Scotto Di Cesare, Vannes (Morbihan).
Louise Marty, CAP, MInstitut des métiers, Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme).
Margaux Birr, Bac pro, Lycée Rebberg, Mulhouse (Haut-Rhin).
Salome Naji-Venzo, Lycée Professionnel La Coudoulière, Six-Fours-Les-Plages (Var).
Loane Lima, Première Bac pro, Lycée professionnel Marcelle Pardé, Bourg-en-Bresse (Ain).
Érine Marcotte, Bac pro, Lycée Magnan, Nice (Alpes-Maritimes).
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