Suite à une étude publiée en mai révélant une contamination étendue des rivières et des lacs par le TFA, le Réseau européen d’action sur les pesticides (PAN Europe) et ses membres, dont Générations futures en France, ont analysé des échantillons d’eau potable de 11 pays de l’UE.
Conclusions ? Le Centre technologique de l’eau de Karlsruhe (Allemagne), chargé des tests, a détecté de l’acide trifluoroacétique (TFA) dans 34 des 36 échantillons d’eau du robinet sélectionnés et dans 12 des 19 échantillons d’eau minérales ou de source, selon les résultats publiés le 10 juillet.
La concentration moyenne dans l’eau potable était de 740 nanogrammes par litre et de 278 ng/L dans les eaux en bouteille, inférieure aux 1 220 ng/L détecté en moyenne dans les échantillons des cours d’eau de la précédente étude.
La question est donc de savoir si la présence durable de cette substance est nocive pour la santé humaine. Trop peu d’études ont encore été menées, regrettent les associations, qui mettent en avant la proposition de l’Institut national de la santé publique et de l’environnement néerlandais de fixer une norme à 2 200 ng/L.
Un effet cumulatif dans l’organisme
Ce seuil a été dépassé dans une eau minérale analysée et dans un échantillon d’eau potable d’Autriche (4 100 ng/L). À Paris, l’eau du robinet analysée en contenait 2 100 ng/L et, à Metz, la concentration relevée était de 500 ng/L. Les produits chimiques persistants se cumulent toutefois dans l’eau. Ainsi, l’UE a fixé une limite, à partir de 2026, de 500 ng/L pour l’ensemble des PFAS, qualifiés de «polluants éternels», et les ONG réclament que le TFA soit ajouté à la liste.
«L’Agence allemande chargée des produits chimiques a récemment proposé de classer le TFA comme toxique pour la reproduction», selon le rapport, qui cite une étude du géant de la chimie Bayer démontrant «de graves malformations fœtales» sur les lapins.
Et si les niveaux de TFA détectés «semblent toujours être dans les limites sûres selon les connaissances actuelles», les apports «augmentent quotidiennement», «le tampon de sécurité est déjà très réduit» et «nous sommes déjà indûment exposés à d’autres PFAS», déclare Helmut Burtscher-Schaden, chimiste de l’environnement de l’ONG Amis de la Terre Autriche. Les associations demandent une interdiction «rapide» des pesticides PFAS et des gaz réfrigérants, ainsi qu’une restriction générale de l’utilisation des «polluants éternels».
Avec l’AFP.
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