Un patient perd dix kilos, puis en reprend huit. Quelques mois plus tard, il recommence… Depuis des années, ces allers-retours sur la balance alimentent une même crainte : celle d’un métabolisme «abîmé» par les régimes répétés. L’idée a été largement relayée dans le débat public, mais elle est aujourd’hui contestée par une nouvelle analyse scientifique, dont les conclusions ont été publiées dans la revue médicale The Lancet Diabetes & Endocrinology.
Les craintes du « régime yoyo »
Des chercheurs de l’Université de Copenhague, du Centre allemand de recherche sur le diabète (DZD), du Centre hospitalier universitaire de Tübingen et du centre de recherche Helmholtz de Munich ont passé en revue de nombreuses études observationnelles, des essais cliniques randomisés et des recherches animales consacrés aux effets des pertes et reprises de poids répétées.
Ce qu’on appelle le «régime yoyo» est depuis longtemps associé à plusieurs risques, comme une augmentation de la masse grasse, une perte musculaire accélérée, un ralentissement du métabolisme ou encore une hausse du risque de diabète et de maladies cardiovasculaires. Ces craintes ont peu à peu influencé le débat public et certains conseils médicaux.
«De nombreuses personnes confrontées à des problèmes de poids sont découragées d’essayer de maigrir parce qu’elles craignent que les ‘régimes yoyo’ entraînent une perte musculaire et endommagent d’une manière ou d’une autre leur métabolisme», explique le professeur Faidon Magkos, un chercheur spécialisé dans la nutrition, l’obésité et le métabolisme, à l’Université de Copenhague, au Danemark.
Pas de preuve de dommages durables
Selon les auteurs, les données disponibles ne montrent toutefois «aucune preuve convaincante» que ces cycles provoquent, en eux-mêmes, des effets nocifs durables chez les personnes souffrant d’obésité. Les chercheurs indiquent ne pas avoir trouvé de preuve cohérente d’une perte excessive de masse maigre ni d’un ralentissement métabolique durable lié aux reprises de poids.
Dans de nombreux cas, les personnes revenaient à une composition corporelle proche de leur point de départ, sans aggravation particulière de leur état métabolique. Un bémol : l’analyse souligne qu’une reprise de poids peut effacer les bénéfices obtenus lors de la perte de masse graisseuse, notamment sur la glycémie, la pression artérielle ou le cholestérol. Mais cela ne signifie pas nécessairement une détérioration au-delà du niveau initial de risque.
«Reprendre du poids ramène les personnes vers leur niveau de risque initial, sans aller au-delà», estiment les chercheurs, qui rappellent que ces conclusions interviennent dans un contexte marqué par l’essor des nouveaux traitements anti-obésité, comme les médicaments de type GLP-1.
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