Une équipe de chercheurs de l’Université d’Otago, en Nouvelle-Zélande, s’est penchée sur l’influence des écrans sur le sommeil des adolescents. Leurs conclusions, publiées le 3 septembre dans la revue Jama Pediatrics, mettent en lumière un aspect souvent négligé : ce n’est pas tant l’utilisation des écrans avant de se coucher qui perturbe le sommeil, mais bien leur usage une fois au lit.
Pour cette étude, les chercheurs ont suivi 85 adolescents âgés de 11 à 14 ans sur une semaine. Grâce à une méthodologie innovante, ils ont équipé les participants de caméras portées sur la poitrine, enregistrant leur comportement trois heures avant le coucher, ainsi que d’une caméra infrarouge placée dans leur chambre, afin de capturer l’utilisation des écrans une fois au lit.
Un capteur de sommeil, appelé «actigraphe», a aussi été utilisé pour mesurer précisément les cycles de sommeil de chaque participant. Ce dispositif permet de collecter des données objectives sur la durée du sommeil et la qualité de l’endormissement.
Les résultats révèlent que près de 99% des adolescents utilisaient leurs écrans dans les deux heures précédant le coucher. Cependant, ceux qui continuaient à utiliser leurs téléphones, tablettes ou ordinateurs après s’être couchés mettaient en moyenne 30 minutes de plus à s’endormir.
Éviter les jeux vidéo avant de se coucher
Autre constat : tous les types d’activités numériques ne produisent pas le même impact sur le sommeil. Les activités interactives, telles que les jeux vidéo ou le multitâche (comme regarder une vidéo tout en jouant à un jeu), se sont avérées beaucoup plus perturbantes que les activités passives, comme regarder un film. Chaque tranche de 10 minutes supplémentaires passée à interagir avec un écran réduisait d’autant la durée totale du sommeil.
Bref, contrairement à ce que l’on pourrait penser, la lumière bleue émise par les écrans n’était pas la cause principale du retard d’endormissement observé. Ce qui posait problème était avant tout le décalage du temps de sommeil, dû à l’activité numérique elle-même, plutôt qu’un effet direct de la lumière sur le cycle circadien.
Les chercheurs suggèrent d’interdire ces appareils dans les chambres, tout en permettant leur utilisation avant le coucher, mais pas une fois au lit. Cela permettrait de préserver la qualité du sommeil sans imposer une restriction totale de l’utilisation des écrans en soirée.
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