Sous électrodes, des volontaires ayant consommé du DMT, substance psychédélique présente dans l’ayahuasca, voient leur activité cérébrale analysée par des chercheurs. Dans d’autres laboratoires, des essais cliniques évaluent les effets de la méditation sur la dépression ou l’impact de l’hypnose contre la douleur.
Longtemps associées à l’ésotérisme ou aux marges du bien-être, ces pratiques s’installent désormais dans les publications scientifiques et les protocoles de recherche, explique Pour la Science. «Derrière, il y a de la science, beaucoup de science, et de la belle science», insiste le magazine, qui évoque des «chercheurs reconnus», des «résultats publiés dans les meilleures revues», mais aussi des «essais cliniques», des «questionnaires standardisés», des «mesures cérébrales» et des «analyses statistiques rigoureuses».
D’ailleurs, plusieurs de ces pratiques affichent déjà des résultats documentés. «L’efficacité de la méditation contre la dépression est ainsi attestée par une pluie de méta-analyses», souligne la revue. Sans oublier le pouvoir antidouleur de l’hypnose, qui a fait l’objet de nombreuses études scientifiques.
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Les psychédéliques sous étude clinique
Les psychédéliques, eux, se situent «à un stade intermédiaire», avec «de nombreux résultats prometteurs contre la dépression, les troubles anxieux ou les addictions». Des essais cliniques de phase 3, la dernière étape avant une éventuelle autorisation de mise sur le marché d’un médicament, sont encore en cours, poursuit le journaliste.
Au-delà de l’aspect thérapeutique, ces recherches intéressent aussi les neurosciences pour mieux comprendre les mécanismes de la conscience. Selon Pour la Science, des mesures électroencéphalographiques réalisées chez des participants ayant consommé du DMT suggèrent que «la continuité du sentiment de soi repose sur la capacité du cerveau à rester corrélé à ses états antérieurs».
Le neurobiologiste Jean-Pierre Changeux estime ainsi que les substances psychédéliques «vont nous servir de ‘scalpels chimiques’ – le terme est de Claude Bernard – pour disséquer les mécanismes mis en jeu dans l’altération de notre conscience».
Une image « new age » persistante
Ces travaux restent toutefois confrontés à une image publique encore associée au «new age» ou à certaines dérives pseudo-thérapeutiques, tempère le magazine, qui rappelle que ces pratiques sont régulièrement «survendues» par des «experts» sans formation médicale, parfois accompagnées d’un discours ésotérique.
Pour autant, hypnose, méditation, transe ou psychédéliques sont désormais considérés comme «des sujets de recherche parfaitement légitimes». «Même si elles doivent bien sûr poursuivre le long chemin de la validation scientifique», précise la revue.
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