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Photoprotection : la recherche explore des filtres UV issus du vivant

FILTRES UV

Des chercheurs ont mis en lumière un nouveau composé photoprotecteur produit par des cyanobactéries vivant dans des conditions extrêmes. Une avancée qui pourrait inspirer des protections solaires plus respectueuses de la peau et de l’environnement.

Selon une équipe de chercheurs japonais, une nouvelle piste se dessine pour la protection solaire. Dans une étude publiée en décembre dans la revue Science of The Total Environment, les scientifiques décrivent la découverte d’un nouveau composé naturel capable d’absorber les UV, produit par des cyanobactéries vivant dans des conditions extrêmes. 

Cette recherche répond à une question très concrète qui se pose aujourd’hui aux scientifiques et aux industriels : comment mieux protéger la peau du soleil tout en améliorant la tolérance des filtres solaires, notamment chimiques ? 

Un modèle naturel de protection solaire

Pour identifier ce type de solutions, les chercheurs ont observé des organismes qui vivent en permanence sous un rayonnement intense. Les cyanobactéries en font partie. Ce sont des bactéries photosynthétiques, productrices d’oxygène, présentes sur Terre depuis des milliards d’années.

Leur particularité est de survivre dans des milieux très contraignants : fortes doses d’UV, eau salée, chaleur… Pour se protéger, elles produisent naturellement des molécules spécifiques, appelées métabolites, qui leur permettent de résister à ces agressions.

Parmi ces molécules, une famille est déjà bien identifiée par les scientifiques : les mycosporine-like amino acids (MAAs). Ce sont de petites molécules solubles dans l’eau, capables d’absorber les rayons UV et de neutraliser les radicaux libres.

Dans l’étude qu’elle vient de publier, l’équipe dirigée par le professeur Hakuto Kageyama a étudié des cyanobactéries thermophiles collectées dans une source chaude en Thaïlande. Les chercheurs ont identifié une souche particulière, capable de produire une nouvelle molécule photoprotectrice quand elle est exposée aux UV-A, aux UV-B et au stress salin. 

Une molécule photoprotectrice inédite

Les analyses montrent que cette molécule absorbe efficacement les UV et présente une activité antioxydante supérieure à celle des MAAs classiques, des molécules naturellement produites par certaines algues et cyanobactéries pour se protéger du soleil. 

Les antioxydants neutralisent les radicaux libres générés par les UV, responsables du stress oxydatif et du vieillissement cutané. Cette double action, filtre UV et antioxydant, constitue un point clé de la photoprotection moderne.

«Comprendre la biosynthèse liée au stress chez les cyanobactéries extrêmophiles pourrait accélérer la biotechnologie industrielle pour la production de pigments naturels et d’antioxydants», estime le Pr Hakuto Kageyama, chercheur à l’université Meijo (Japon) et principal auteur de l’étude, cité dans un communiqué. 

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