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«Nous ne sommes ni des herbivores ni des carnivores!»

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Stress, masticage bâclé, déséquilibres alimentaires… Le ventre de nos contemporains, parfois qualifié de «deuxième cerveau», semble de plus en plus malmené ! Pierre Grenet, naturopathe Omnes*, revient sur quelques principes de base.

NaturopatheProfession bien-être : Pourquoi notre intestin joue-t-il un rôle aussi important dans notre bien-être ?

Pierre Grenet : Notre système digestif est particulier. Nous ne sommes ni des herbivores ni des carnivores ! Et donc, selon l’alimentation que l’on va ingérer au quotidien, il y aura un impact sur notre santé. Notre intestin, si vous voulez, c’est un peu comme une passoire qui laisse passer des nutriments qui ont été dégradés par nos enzymes digestives. Il doit donc être d’excellente qualité. S’il devient poreux, il laisse passer des particules qui ne sont pas adaptées à notre organisme.

Est-ce que notre comportement alimentaire est à revoir aujourd’hui ?

Oui, et sur bien des domaines ! On dit maintenant que la maladie commence dans la bouche, car on s’est aperçu que, pour majorité d’entre nous, nous gobons plutôt que nous mâchons. Et, forcément, si nous ne mâchons pas, notre système digestif, qui mobilise déjà un tiers de notre énergie pour la digestion, travaille beaucoup plus… Cette dépense supplémentaire d’énergie pèse sur nos occupations du quotidien et, en particulier, nos défenses immunitaires.

D’autres facteurs ont des effets négatifs sur nos intestins : manger en regardant des émissions qui sont très angoissantes et qui peuvent apporter du stress au quotidien, au lieu d’écouter de la musique douce, manger en ayant une discussion un peu houleuse avec son conjoint ou dans un environnement agité, alors que notre système digestif a besoin de calme pour bien faire son travail, etc.

Comment la naturopathie aborde aujourd’hui ces sujets ?

La naturopathie est une médecine préventive, comme la médecine traditionnelle chinoise ou ayurvédique. Notre approche est celle de la bromatologie, c’est-à-dire la science de l’alimentation, de la terre à l’assiette. On y associe des conseils sur la respiration, l’activité physique et la gestion des émotions.

En ce sens, on travaille plutôt en amont, avant que la maladie ne s’installe dans l’organisme. Si elle est installée, nous demandons à notre client de se tourner vers un professionnel de santé pour obtenir un diagnostic médical. Il faut d’abord écarter la pathologie.

Quels sont les aliments à privilégier ? On nous conseille de manger des fibres depuis qu’on est petits, c’est une bonne chose ? 

Oui, on a besoin de ces fibres. Certaines vont nourrir notre microbiote intestinal, tandis que d’autres, notamment les fibres de cellulose, vont permettent de faire avancer les matières au niveau de l’intestin. Ces dernières peuvent être assez irritantes, notamment pour les personnes qui ont un syndrome du côlon irritable.

C’est pour ça qu’on privilégie, en naturopathie, une alimentation individualisée, en fonction du ressenti du client. De façon générale, il est important que notre alimentation soit d’origine végétale à 80% et animale à 20%. Ce qui n’est pas le cas pour un grand nombre d’entre nous.

Vous mettez l’accent sur les micronutriments et la conservation des aliments, c’est important en naturopathie ?

Oui, car on sait l’importance que joue la conservation dans la restitution de ces micronutriments. Par exemple, une salade est très riche en vitamine C, mais il faudrait la manger directement sur pied pour en profiter pleinement, sinon elle perd 50% de sa valeur nutritionnelle, sans compter le lavage, l’épluchage, etc.

On sait aussi que les boîtes de conserve peuvent diffuser des particules toxiques. Il faut donc privilégier le verre. Il semble aussi que, d’après des études, un produit surgelé garde plus longtemps ses qualités micronutritionnelles. Dans l’idéal, il faudrait manger les produits de son jardin, exempts de pesticides et d’herbicides, et les cuisiner dans la journée, voire dans l’heure qui suit…

Par ailleurs, plus on va cuire un aliment longtemps, plus l’aliment va perdre ses qualités nutritionnelles. Au-delà de 110 degrés, il commence vraiment à ne plus être performant en termes de micronutrition. Il vaut donc mieux une cuisson douce, à moins de 100 degrés. Enfin, on sait que tous les minéraux et les vitamines sont hydrosolubles. Donc, si vous ne buvez pas l’eau de cuisson, vous n’allez pas bénéficier pleinement de ces micronutriments…

Qu’est-ce qui reste à l’alimentation plaisir si l’on ne peut plus cuire ses aliments comme autrefois pendant plusieurs heures ?

Mais il reste encore beaucoup de choses ! Il faut juste réapprendre une nouvelle façon de s’alimenter pour avoir une alimentation santé qui reste agréable, parce que nous sommes des êtres humains qui ont aussi besoin de partager un moment convivial, avec des aliments qui ont du goût. On peut obtenir beaucoup de goût avec des aliments qui sont nutritionnellement performants.

Propos recueillis par Georges Margossian. 

(*) Organisation de la médecine naturelle et de l’éducation sanitaire.

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