Le pic semblait derrière nous. Après la pandémie de Covid-19, l’absentéisme au travail devait progressivement refluer. Mais six ans plus tard, la tendance s’inverse. Les arrêts maladie continuent d’augmenter et atteignent désormais un niveau inédit dans le monde du travail français.
Le taux d’absentéisme atteint 4,76 % en 2025, soit une hausse de 5 % par rapport à l’année précédente, d’après le Datascope d’AXA France. Il est désormais 50 % supérieur à ce qu’il était en 2019, avant l’épisode de la pandémie de Covid-19.
L’étude s’appuie sur l’analyse de 400 millions de données mensuelles anonymisées, issues d’entreprises clientes représentant trois millions de salariés du secteur privé en France. Pour les auteurs du rapport, la dynamique s’inscrit donc dans la durée.
Cadres et jeunes en première ligne
«La crise sanitaire a laissé une empreinte durable sur l’absentéisme, qui atteint aujourd’hui des niveaux sans précédent. Toutes les catégories de salariés sont touchées, et particulièrement la jeune génération», souligne Diane Milleron-Deperrois, directrice générale AXA Santé & Collectives, citée dans un communiqué.
Certaines catégories de salariés sont particulièrement concernées. Chez les cadres, l’absentéisme augmente de 8 % entre 2024 et 2025, après une hausse de 9 % l’année précédente. Fait notable : pour la première fois, la durée moyenne des arrêts maladie est plus élevée dans cette population.
Chez les salariés de moins de 30 ans, la fréquence d’arrêt est aussi )particulièrement élevée : près de 105 arrêts pour 100 salariés en 2025, toutes durées confondues. Dans cette tranche d’âge, 57 % des arrêts durent moins de trois jours. Mais la progression concerne aussi les arrêts très longs : entre 2024 et 2025, la fréquence augmente de 10 %, à la fois pour les arrêts courts et ceux supérieurs à six mois.
Les troubles psychiques progressent
La dégradation de la santé mentale contribue fortement à ces évolutions. Les troubles psychologiques constituent désormais la première cause des arrêts de travail de longue durée. En 2025, pour la première fois, plus de la moitié des arrêts longs chez les moins de 30 ans sont liés à ces troubles. Plus largement, ils représentent 38,1 % des arrêts de longue durée, devant les troubles musculosquelettiques (27,1 %), la traumatologie (9 %), les multipathologies (8,1 %) et les tumeurs (6,7 %).
Autre évolution : l’âge moyen de survenue des troubles psychologiques entraînant un arrêt de travail prolongé diminue. Il atteint désormais 40 ans, contre 41,2 ans en 2024 et 43,3 ans en 2019. Logique : le phénomène touche désormais des populations historiquement moins concernées par l’absentéisme.
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