Selon la 4e édition de l’Observatoire des arrêts de travail publié par le groupe paritaire de protection sociale Apicil, le taux global d’absentéisme est passé de 4,27% à 4,41% entre 2023 et 2024. Certes, la hausse reste limitée (+0,14 point) et se maintient en dessous du niveau de 2022 (4,61%), mais la tendance confirme que l’absence au travail reste une réalité durable : plus d’un quart des salariés (26,98%) ont connu au moins un arrêt de travail au cours de l’année.
La principale évolution vient des absences de moins de trois jours, qui progressent nettement : elles représentent désormais 21,92% des arrêts, contre 19,68% un an plus tôt. Cette hausse de plus de deux points traduit un phénomène de micro-absentéisme qui, bien que limité dans le temps, complique la gestion des plannings, surtout dans les petites équipes où chaque absence pèse immédiatement sur l’organisation.
Parallèlement, les arrêts longs continuent eux aussi de croître, même si la progression est plus contenue : +0,24 point pour ceux de plus de 90 jours. Entre micro-absences répétées et arrêts prolongés, les entreprises doivent composer avec des formes d’absence de plus en plus contrastées.
Derrière ces chiffres, la maladie demeure de loin la première cause d’arrêt de travail. Elle concentre 90,94% des absences, en hausse de près de 3% sur un an. L’an dernier, un salarié sur quatre (25,57%) a eu au moins un arrêt maladie. Leur durée moyenne se stabilise à 17,56 jours, confirmant le poids de ce motif d’absence sur le fonctionnement des organisations.
Psychologie et TMS au cœur des arrêts longs
Quand les arrêts se prolongent au-delà de 90 jours, deux causes dominent : les pathologies psychologiques (fatigue, dépression, burn-out), qui représentent plus de 40% des dossiers suivis par Apicil, et les troubles musculosquelettiques (TMS), environ un tiers des cas, souvent liés à des métiers physiquement contraignants ou à des postures prolongées.
Quant aux maladies professionnelles, elles restent très minoritaires (0,2% des arrêts), mais elles entraînent des absences beaucoup plus longues, avec une durée moyenne de 121,7 jours, souligne le groupe de protection sociale.
«Les mutations du travail ont amplifié les risques psychosociaux et renforcé les attentes des collaborateurs en matière de mieux vivre au travail», observe Thomas Perrin, directeur général adjoint services du groupe Apicil. Un défi qui, selon lui, contraint désormais les entreprises à revoir management, organisation et prévention.
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