Alors que les Jeux olympiques et paralympiques de Paris approchent, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) lance cette mise en garde à l’attention des sportifs de haut niveau mais aussi des amateurs.
Selon l’agence sanitaire, «154 nouveaux cas d’effets indésirables ont été déclarés à la suite d’une consommation de ces produits, dont 18 considérés comme très graves» entre 2016 et février 2024, après une consommation de compléments alimentaires. «Deux décès sont survenus et quatre personnes ont vu leur pronostic vital menacé», ajoute-t-elle.
Vendus sur Internet, en salle de sport ou en pharmacie, certains compléments alimentaires et aliments enrichis contenant des protéines, acides aminés et extraits de plantes peuvent être consommés à l’entraînement, avant, pendant ou après une compétition, mais aussi lors d’une pratique de loisir.
«Si ces produits sont traditionnellement utilisés par les culturistes, leur consommation tend à s’étendre, notamment aux sports dont la performance repose sur la force puissance musculaire ou la réduction du poids corporel», explique l’Anses. Un phénomène qui est encouragé, souligne-t-elle, «par une croyance non fondée selon laquelle l’alimentation courante ne suffirait pas à atteindre les objectifs de performance fixés».
Des effets indésirables cardiovasculaires
Les effets indésirables des compléments alimentaires pour les sportifs sont souvent cardiovasculaires, comme la tachycardie, des palpitations, voire des arrêts cardiaques. Des symptômes généraux – malaise, fatigue, fièvre, vertiges, effets digestifs – mais aussi neurologiques, comme des accidents vasculaires cérébraux, peuvent aussi survenir. Ces risques sont accrus chez les plus jeunes, dont l’organisme présente une plus forte sensibilité que chez l’adulte.
L’Anses s’inquiète aussi de la présence de certains ingrédients présents dans des compléments alimentaires, comme les stéroïdes anabolisants, le clenbutérol et l’éphédrine, qui sont interdits, notamment pour leurs nombreux effets indésirables sévères sur l’activité cardiovasculaire.
«Leur présence dans les compléments alimentaires constitue ainsi une fraude et peut exposer le sportif consommateur, au-delà des risques pour la santé, à un résultat analytique anormal (contrôle positif) lors d’un contrôle antidopage», relève l’agence sanitaire.
L’Anses recommande aux sportifs d’être attentifs à la composition des produits, d’éviter la consommation simultanée de plusieurs compléments alimentaires ou l’association avec des médicaments et de demander l’avis d’un professionnel de santé ou diététicien du sport avant toute utilisation. Elle conseille aussi de privilégier les produits conformes aux normes européennes ou d’éviter les achats sur Internet.
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