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Carences en micronutriments : un défi mondial pour la santé

MICRONUTRIMENTS

Plus de la moitié de la population mondiale ne consomme pas assez de micronutriments essentiels à la santé, comme le calcium, le fer ou les vitamines C et E, selon une étude de la Harvard Chan School. 

Même en petites quantités, les micronutriments sont indispensables à notre santé. Parmi les plus importants, on trouve le calcium, l’iode, le fer, la vitamine A et le zinc. Chacun d’entre eux sert à des fonctions spécifiques. Par exemple, le calcium est indispensable à la santé des os et des dents, ainsi qu’au bon fonctionnement des muscles et du système nerveux. 

L’iode, quant à lui, sert à la production des hormones thyroïdiennes, qui régulent le métabolisme. Le fer est un composant clé de l’hémoglobine, qui transporte l’oxygène dans le sang, tandis que la vitamine A est essentielle pour la vision, la croissance cellulaire et la fonction immunitaire. Le zinc, lui, joue un rôle dans la cicatrisation des plaies et la défense immunitaire. Etc. 

Les carences en micronutriments peuvent donc avoir des conséquences graves sur la santé. Par exemple, un manque de fer peut entraîner une anémie, caractérisée par une fatigue extrême et une diminution de la capacité à se concentrer. Ou encore : une carence en vitamine A est la principale cause de cécité évitable chez les enfants et affaiblit le système immunitaire, augmentant la susceptibilité aux infections.

Une vaste collecte de données alimentaires

Pour évaluer la consommation mondiale de micronutriments, les chercheurs ont utilisé des données provenant de la Global Dietary Database, de la Banque mondiale et d’enquêtes alimentaires menées dans 31 pays. Leur étude, dont les conclusions ont été publiées par The Lancet fin août, est la première du genre à fournir une estimation globale des apports inadéquats pour 15 micronutriments essentiels, couvrant 185 pays et analysant des données réparties en 34 groupes d’âge, tout en tenant compte des différences entre les sexes. 

Les résultats révèlent une situation préoccupante : environ 68% de la population mondiale ne consomme pas assez d’iode, 67% manquent de vitamine E et 66% de calcium. En outre, plus de la moitié des personnes dans le monde ont des apports insuffisants en riboflavine, en folate, ainsi qu’en vitamines C et B6. 

De faibles niveaux d’apport en calcium en Europe

Ces carences touchent particulièrement les femmes, qui sont plus susceptibles de manquer d’iode, de fer, de vitamine B12 et de sélénium. En revanche, les hommes présentent souvent des apports insuffisants en calcium, niacine et vitamines A et C. Les régions du monde les plus à risque comprennent l’Asie du Sud et de l’Est, l’Afrique subsaharienne, ainsi que des zones d’Amérique du Nord et d’Europe, où de faibles niveaux d’apport en calcium ont été observés. 

«Ces résultats sont alarmants. La plupart des gens – encore plus qu’on ne le pensait auparavant, dans toutes les régions et tous les pays, quels que soient leurs revenus – ne consomment pas suffisamment de micronutriments essentiels. Ces carences compromettent les résultats en matière de santé et limitent le potentiel humain à l’échelle mondiale», alertent les auteurs de l’étude dans un communiqué. Ils recommandent de cibler les interventions alimentaires sur les groupes les plus vulnérables, notamment les femmes, les enfants et les jeunes adultes. 

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