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Bien-être : pourquoi la santé mentale pèse plus que la santé physique

Santé mentale

Une étude britannique montre que, parmi les facteurs de santé, les améliorations de la santé mentale sont celles qui expliquent le mieux les gains de satisfaction de vie. Un résultat fondé sur l’analyse de dizaines de milliers de participants à une activité physique collective.

Participer chaque semaine à une course de cinq kilomètres, sans chronomètre ni enjeu de performance, peut transformer durablement la façon dont on évalue sa propre vie. C’est ce que montre l’analyse de dizaines de milliers de participants au programme Parkrun, un événement gratuit et collectif organisé chaque semaine au Royaume-Uni.

En croisant les réponses de plus de 78 000 personnes à une enquête sur leur satisfaction de vie avec les données de près d’un million de coureurs et marcheurs ayant pris part à au moins un Parkrun sur douze mois, les chercheurs ont pu observer ce qui, concrètement, fait évoluer le bien-être ressenti. 

Ces résultats, issus d’une étude publiée dans la revue scientifique PLOS Global Public Health, bousculent les idées reçues : ce ne sont pas les progrès physiques en eux-mêmes qui pèsent le plus sur la satisfaction de vie, mais l’expérience vécue, c’est-à-dire le plaisir, le sentiment d’accomplissement et le bien-être mental.

L’ambition des auteurs était de dépasser les simples corrélations entre activité physique et bien-être pour comprendre quels facteurs expliquent réellement les évolutions de la satisfaction de vie. Pour y parvenir, ils ont élaboré un modèle d’analyse spécifique, capable de mesurer l’impact relatif de différentes dimensions, comme la santé, l’activité ou le contexte personnel, sur le ressenti global des individus.

L’activité agit d’abord sur le mental

L’étude confirme qu’une amélioration de l’état de santé global est bien associée à une amélioration du sentiment de bien-être. Cet effet apparaît particulièrement marqué chez les participants qui déclaraient une très mauvaise perception de leur santé au début de leur participation à Parkrun.

Ces profils disposent, selon les chercheurs, d’une plus grande marge de progression en matière de satisfaction de vie que ceux qui s’estimaient déjà en «bonne» ou «très bonne» santé. Mais à niveau d’activité équivalent, les résultats montrent que les gains de bien-être ne s’expliquent pas prioritairement par la condition physique stricto sensu. La dimension mentale pèse davantage que les bénéfices physiques mesurables.

Conduis par Steve Haake, de la Sheffield Hallam University (Angleterre), ces travaux mettent en évidence plusieurs leviers spécifiques à l’activité collective. Par exemple, l’impact sur la satisfaction de vie passe d’abord par le plaisir cumulé au fil des participations, le sentiment de progression personnelle et la dimension ludique de l’expérience.

Loin d’une logique de performance sportive, ce sont les éléments subjectifs, comme s’amuser, se sentir mieux ou éprouver un sentiment d’accomplissement, qui expliquent le mieux les évolutions observées, souligne l’étude. Autrement dit, l’activité agit moins comme un entraînement physique que comme une expérience sociale et émotionnelle répétée.

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