Le cerveau peut-il être comparé à un muscle, qui exige un entraînement constant et régulier ? C’est la question qui sous-tend une étude récente menée par des neuroscientifiques de l’Université Aalto (Finlande), publiée dans la revue PLoS Biology. D’après leurs conclusions, les facteurs quotidiens comme le sommeil, l’exercice, la santé cardiaque et l’humeur n’agissent pas uniquement sur le court terme, mais laissent une empreinte durable dans notre cerveau.
«Notre comportement et notre état mental sont constamment façonnés par notre environnement et nos expériences. Pourtant, nous savons peu de choses sur la réponse de la connectivité fonctionnelle du cerveau aux changements environnementaux, physiologiques et comportementaux sur différentes échelles de temps, allant de quelques jours à quelques mois», explique Ana Triana, auteure principale de l’étude, citée dans un communiqué.
Les chercheurs ont suivi l’évolution d’un même individu, en l’occurrence la responsable du groupe de recherche, Ana Triana, sur une longue période, cinq mois, au lieu de se concentrer sur des observations ponctuelles. Durant ce laps de temps, ils ont surveillé l’activité cérébrale et comportementale de la participante à l’aide de scans cérébraux pour observer l’activité du cerveau et des dispositifs portables, comme des montres connectées et des smartphones.
L’objectif était d’aller au-delà des événements isolés, comme une bonne nuit de sommeil ou une séance de sport, pour analyser l’impact à long terme de ces facteurs sur le cerveau. Les résultats indiquent que les effets des facteurs quotidiens sur le cerveau ne se dissipent pas immédiatement.
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Des « échos cérébraux » dans nos choix quotidiens
Au contraire, ces effets semblent persister dans le cerveau pendant plus de deux semaines. Cela suggère que des actions comme une bonne nuit de sommeil ou une activité physique régulière peuvent avoir des répercussions durables sur notre santé mentale. Selon les chercheurs, ces résultats peuvent être comparés à des «échos dans le cerveau». Des «échos» qui se produisent quand les effets des actions passées continuent à influencer notre fonctionnement cérébral.
Cette découverte ouvre des perspectives intéressantes, notamment l’idée que les actions que nous menons aujourd’hui, qu’elles soient liées à notre bien-être physique ou mental, pourraient jouer un rôle clé dans la créativité ou la prise de décision dans un futur proche.
«Relier l’activité cérébrale aux données physiologiques et environnementales pourrait révolutionner les soins de santé personnalisés, ouvrant la voie à des interventions plus précoces et à de meilleurs résultats», estime Ana Triana. Exemple : le suivi des changements cérébraux en temps réel permettrait de détecter de façon précoce des troubles neurologiques, en particulier ceux affectant la santé mentale où des signes subtils peuvent passer inaperçus.





