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Aliments ultra-transformés : un risque mondial pour la santé, selon une étude

Aliments ultra-transformes

Selon une étude parue dans The American Journal of Preventive Medicine, la consommation d’aliments ultra-transformés serait responsable de milliers de décès prématurés évitables dans huit pays. Un fardeau sanitaire qui appelle à des mesures globales.

Les aliments ultra-transformés (UPFs) ne seraient pas seulement un facteur de risque nutritionnel : ils contribueraient aussi à des milliers de décès prématurés évitables à travers le monde. C’est la conclusion d’une étude publiée dans The American Journal of Preventive Medicine, qui a croisé les données issues d’enquêtes alimentaires représentatives et de statistiques de mortalité dans huit pays : Australie, Brésil, Canada, Chili, Colombie, Mexique, Royaume-Uni et États-Unis.

L’objectif des chercheurs était de mesurer l’impact de la part des aliments transformés dans l’alimentation sur la mortalité toutes causes confondues. Résultat : plus leur part augmente, plus le risque de décès s’élève. «Le pourcentage de décès prématurés évitables toutes causes confondues dus à la consommation d’UPFs peut varier de 4% dans les pays où la consommation d’aliments ultra-transformés est faible à près de 14% dans les pays où la consommation d’UPFs est la plus élevée», observent les chercheurs, cités dans un communiqué. 

Des additifs et peu ou pas d’ingrédients entiers

L’étude s’appuie sur une définition rigoureuse des aliments ultra-transformés : il s’agit de produits industriels prêts à consommer ou à réchauffer, formulés à partir d’ingrédients extraits d’aliments ou synthétisés en laboratoire. Leur composition inclut peu ou pas d’ingrédients entiers et repose largement sur des additifs, des arômes artificiels, des édulcorants ou encore des émulsifiants.

Les chercheurs ont modélisé une relation linéaire entre la part d’aliments ultra-transformés dans l’alimentation quotidienne et la mortalité toutes causes confondues. Le constat est sans appel : plus la proportion d’UPFs augmente dans l’apport énergétique, plus le risque de décès s’élève.

«Chaque augmentation de 10% de la participation des UPFs à l’alimentation augmente le risque de décès toutes causes confondues de 3%», explique le Dr Eduardo Augusto Fernandes Nilson, chercheur principal de l’étude, cité dans le communiqué. 

aliments ultra transformes

Liés à une trentaine de pathologies différentes

Aux États-Unis, où ces produits représentent plus de la moitié des apports caloriques, 124 000 décès prématurés en 2018 auraient été imputables à leur consommation, selon les estimations des auteurs. 

Au-delà du simple excès de sel, de sucre ou de gras, les aliments ultra-transformés sont désormais associés à une trentaine de pathologies différentes. La liste comprend les maladies cardiovasculaires, le diabète, l’obésité, certains types de cancer, mais aussi des troubles mentaux comme la dépression.

Mais si la part des aliments ultra-transformés semble s’être stabilisée dans les pays à hauts revenus, elle progresse rapidement dans les pays à revenus faibles et intermédiaires. L’étude plaide pour des mesures fiscales et réglementaires incitatives, en faveur de régimes basés sur des aliments locaux, frais et peu transformés.

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