Jamais les Français n’ont autant bougé. En 2024, 71% déclarent pratiquer une activité physique, un record, souligne la dernière étude Ipsos menée pour la Fédération française d’éducation physique et de gymnastique volontaire (FFEPGV). En douze ans, la pratique sportive des Français a bondi de 17 points, confirmant une tendance bien ancrée.
Rien ne semble freiner cet élan : +3 points en un an, et une dynamique qui se renforce d’année en année, hormis l’exception des confinements en 2020. Non seulement les Français sont plus nombreux à faire du sport, mais ils le pratiquent aussi avec plus d’intensité : 42% y consacrent au moins trois heures par semaine, soit une progression de 4 points en un an, et la moyenne hebdomadaire grimpe à 4,4 heures.
Une dynamique qui s’accompagne d’un changement dans les habitudes : la pratique sportive des Français se tourne de plus en plus vers des disciplines individuelles (60%) et en extérieur (60%), au détriment des salles de sport, qui stagnent à 31%. Les choix varient aussi selon le profil. Les hommes préfèrent l’intensité (56%), tandis que les femmes plébiscitent des pratiques plus douces, comme le yoga ou le pilates (49%).
Sculpter son corps ou préserver sa santé ?
L’âge joue aussi un rôle important : les moins de 35 ans sont les plus friands d’activités intenses (63 %), alors que les seniors (60 ans et plus) se dirigent davantage vers des pratiques plus équilibrées (53%). Une diversité qui reflète une évolution des attentes et des modes de vie.
Faire du sport pour sculpter son corps ? Moins que jamais… La pratique sportive des Français est avant tout une question de santé. Garder la forme (57%), se sentir bien (48%) et prévenir les maladies (44%) sont les principales motivations, loin devant la recherche de performance ou d’esthétique. En six ans, la dimension préventive du sport a pris une ampleur considérable : +10 points pour ceux qui veulent rester en bonne santé.
Se muscler (27%) ou perdre du poids (23%) sont désormais des préoccupations secondaires. Plus qu’un loisir, le sport est devenu une routine essentielle au bien-être, une réponse directe aux préoccupations de santé publique et à la sédentarité croissante.
Les Français en sont convaincus : le sport est un puissant levier de bien-être mental : 91% reconnaissent son impact positif. Cela tombe bien, la santé mentale a été désignée comme la grande cause nationale 2025. Celle de l’an passé, le programme «Bouge 30 minutes», a suscité une large adhésion (94%), même si seuls 24% des Français ont réellement réussi à l’intégrer à leur quotidien.
Grandes causes et pratique sportive
Autre moteur puissant : les Jeux olympiques et paralympiques. Plus qu’un simple spectacle, l’événement a eu un effet dopant sur la pratique sportive. En effet, 40% des Français ont été motivés par les performances des athlètes, 27% font plus de sport depuis et 26% s’y sont mis après les jeux. Chez les plus jeunes, l’impact est encore plus marqué : 48% des parents constatent que leurs enfants sont plus motivés et 43% déclarent qu’ils font désormais plus de sport.
Mais si la pratique sportive des Français progresse, elle n’est pas encore une évidence pour tous. Près de 3 Français sur 10 ne font toujours pas de sport (29%), principalement par manque d’intérêt (47%) ou de temps (31%). Le coût est un autre obstacle majeur : 28% des adultes et 29% des parents ont dû renoncer à une inscription en club faute de moyens. Et même lorsqu’ils souhaitent pratiquer, l’offre ne suit pas toujours : 20% des parents et 10% des adultes n’ont pas trouvé de place dans une structure adaptée.
Derrière cet élan sportif, une question se pose : comment le financer ? Un tiers des Français (32%) estime qu’il faut réduire le budget consacré au sport, un choix contraint par le contexte budgétaire. À l’inverse, 25% regrettent cette baisse, et 22% y voient un défi, une occasion d’explorer des solutions innovantes pour poursuivre les efforts engagés et encourager les Français dans leur pratique.
Étude réalisée auprès d’un échantillon de 2 000 personnes représentatives de la population française âgées de 16 ans et plus, selon la méthode des quotas. L’échantillon a été interrogé en ligne via l’Access Panel Online d’Ipsos du 2 au 9 décembre 2024.
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