Pendant des années, l’idée que l’exercice extrême pouvait nuire à la longévité était fortement ancrée dans les esprits. On pensait que pousser son corps à ses limites par des efforts physiques intenses augmenterait le stress sur le cœur et d’autres organes vitaux, réduisant ainsi l’espérance de vie.
L’image d’athlètes s’effondrant en plein effort ou souffrant de problèmes cardiaques a renforcé cette perception, suggérant que trop d’exercice pourrait être aussi néfaste que l’absence d’activité physique. D’où la position du corps médical, louant les bienfaits d’un exercice modéré, tels que la marche, le yoga ou la natation légère, aujourd’hui bien documentés.
Une étude vient remettre en question cette position. Publiée dans le British Journal of Sports Medicine, elle s’est intéressée à un groupe d’athlètes d’exception : les 200 premiers coureurs à avoir réalisé l’exploit de courir un mile (1 609 mètres) en moins de quatre minutes. Ils se sont succédés sur une période de 20 ans, de 1954 à 1974, venant de 28 pays différents d’Europe (88), d’Amérique du Nord (78), d’Océanie (22) et d’Afrique (12).
«Les périodes répétées d’exercice quasi maximal à maximal effectuées par les coureurs de mile en font un groupe unique dans lequel tester l’impact potentiel d’exercices d’intensité extrême sur la longévité» expliquent les chercheurs. Pour mener leur étude, ils ont analysé la durée de vie de ces coureurs d’élite, en comparant leur espérance de vie avec celle de la population générale, ajustée pour le même âge, sexe et origine nationale.
Près de cinq ans de plus que la population générale
En moyenne, ces derniers ont vécu près de cinq ans de plus que leur groupe démographique. Ceux dont la première performance sous la barre des quatre minutes a eu lieu dans les années 1950 ont bénéficié d’un gain de longévité encore plus important, vivant en moyenne neuf ans de plus que la population générale.
Les résultats remettent en question l’hypothèse en forme de U, qui suggère que la durée de vie augmente avec une activité physique modérée mais diminue avec un exercice excessif. Cette étude montre qu’au lieu de nuire à la longévité, l’entraînement intense semble l’améliorer.
Toutefois, les chercheurs n’ont pas pu établir un lien direct entre la quantité d’exercice pratiqué tout au long de la vie et l’espérance de vie des coureurs. De plus, d’autres facteurs de style de vie, tels que le régime alimentaire, le tabagisme ou les comportements de santé, n’ont pas été pris en compte.
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