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Cryothérapie : une fuite d’azote mortelle dans une salle de sport parisienne

CRYOTHERAPIE

À la suite d’une fuite d’azote dans une cabine de cryothérapie, deux personnes ont été retrouvées en arrêt cardio-respiratoire lundi vers 18h20 dans une salle de sport du 11ᵉ arrondissement de Paris. Une employée de 29 ans est décédée, une cliente est dans un état critique.

Lundi 14 avril, en fin d’après-midi, les secours sont intervenus dans la salle de sport On Air, boulevard Voltaire, à Paris, où deux personnes avaient été retrouvées en arrêt cardio-respiratoire, selon les informations de l’AFP. L’une d’elles, une employée de l’établissement âgée de 29 ans, n’a pas pu être ranimée. 

L’autre victime, une cliente de 34 ans, a été hospitalisée dans un état grave, avec un pronostic vital engagé. Trois autres personnes ayant tenté de leur porter secours ont été transportées à l’hôpital en urgence relative. Selon une source proche de l’enquête, «une fuite d’azote dans la cabine de cryothérapie serait à l’origine du drame». 

La machine aurait subi une réparation technique plus tôt dans la journée. Le parquet de Paris a ouvert une enquête pour recherche des causes de la mort, confiée au commissariat du 11ᵉ arrondissement, en co-saisine avec l’inspection du travail. Une autopsie et des analyses toxicologiques ont été ordonnées pour déterminer avec précision les circonstances du décès. L’établissement, où se trouvaient environ 150 personnes au moment des faits, a été entièrement évacué par précaution.

La cryothérapie et les dangers liés à l’azote

La cryothérapie, ou « thérapie par le froid », consiste à exposer le corps à des températures extrêmes, pouvant descendre sous les -110°C, pendant une durée très courte, généralement de 2 à 3 minutes. Elle peut s’effectuer de différentes manières : immersion dans des bains glacés ou exposition dans des cabines individuelles, souvent alimentées en azote liquide ou gazeux.

Initialement utilisée dans le domaine sportif, cette technique visait à améliorer la récupération musculaire et à soulager les douleurs post-effort. Elle est aujourd’hui également proposée pour atténuer certains troubles inflammatoires ou neurologiques, comme l’arthrose ou les douleurs chroniques. Son usage s’est élargi à des contextes non médicaux, notamment dans les salles de sport ou les instituts de bien-être.

L’azote, utilisé dans certaines cabines de cryothérapie, est un gaz inodore et incolore. En cas de fuite dans un espace confiné, il peut remplacer progressivement l’oxygène présent dans l’air, provoquant une hypoxie, puis une asphyxie. Selon l’industriel Air Liquide, une atmosphère contenant moins de 18% d’oxygène peut déjà entraîner des symptômes comme fatigue, vertiges, nausées ou évanouissement soudain pouvant aller jusqu’à la mort.

L’azote est aussi un gaz comprimé à haute pression. Une mauvaise installation, un raccord défectueux ou une manipulation inappropriée peuvent provoquer des accidents graves : projection de pièces, rupture de matériel, explosion ou troubles auditifs dus à une surpression.

Un cadre juridique très strict (Cour de cassation)

Dans un arrêt rendu le 10 mai 2022, la Cour de cassation a clairement établi que la cryothérapie corps entier, lorsqu’elle peut entraîner la destruction de tissus corporels, relève de la compétence exclusive des médecins. Elle peut être pratiquée par un masseur-kinésithérapeute, mais uniquement sur prescription médicale. En dehors de ce cadre, l’acte devient illégal.

La Cour a confirmé, dans deux affaires distinctes, la condamnation pour exercice illégal de la médecine. Dans l’un des cas, un gérant d’institut de beauté a écopé de deux mois de prison avec sursis après qu’un client a subi des engelures lors d’une séance de cryothérapie sans encadrement médical. 

Dans ces décisions, les magistrats rappellent que «les actes de cryothérapie doivent être réservés aux professionnels de santé», même s’il s’agit d’une opération de confort sans visée médicale. Cette jurisprudence s’est notamment appuyée sur l’arrêté du 6 janvier 1962 ainsi que sur les dispositions du Code de la santé publique encadrant les actes de physiothérapie.

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