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Céline Foster : « Les esthéticiennes ont pris la place qu’occupaient autrefois les infirmières »

CÉLINE FOSTER

INTERVIEW. Comment passer du médical au spa ? Avec ses deux centres à Saint-Cloud, dans les Hauts-de-Seine, Céline Foster, ex-infirmière et chef de bloc chirurgical, montre qu’il est possible de réunir dans un même lieu beauté, relaxation et santé.

Céline FosterProfession bien-être : A priori, spa et médecine ne font pas forcément bon ménage…

Céline Foster : Détrompez-vous ! Après une première carrière en tant qu’infirmière – et dans un service plutôt dur, celui de la psychiatrie -, j’avais déjà lorgné du côté du spa. Je rêvais déjà d’accueillir les femmes dans un endroit où elles pourraient vraiment déconnecter de leur quotidien. En 2005, je créais à Rouen un spa, où se côtoyaient bassin de flottaison et  Power Plate, puis un deuxième établissement à Rueil-Malmaison, dans les Hauts-de-Seine.

Que s’est-il passé ?

En fait, je pense que j’étais un peu en avance sur la tendance ! J’ai donc revendu en 2011 et je suis revenue vivre sur Paris, où j’ai repris la direction des soins d’une clinique de chirurgie esthétique et ophtalmologique. Dans le même temps, j’ai approfondi mes connaissances en médecines alternatives et je me suis formée à l’hypnose médicale pour accompagner la gestion des traumatismes.

Nous nous éloignons du spa…

Mais pas du problème des femmes et de la santé psychique ! J’étais de plus en plus confrontée aux problèmes des femmes, car la clinique faisait beaucoup de chirurgie réparatrice. J’étais effarée de voir autant de femmes en souffrance aux alentours de la quarantaine. Et le rapport à la beauté me manquait. Je n’avais pas abandonné mon idée de départ, mais j’attendais un moment favorable.

Comment s’est opéré le déclic ?

En 2018, j’ai créé la « La Demeure 1 » à Saint Cloud, avec, comme fil rouge, le désir de relier beauté et santé psychique. Je me suis concentrée sur les femmes se relevant d’un cancer du sein, en proposant de la perruquerie et des soins esthétiques post-cancer. Et la pandémie est arrivée…

Comment l’avez-vous vécue ?

Le confinement m’a permis de peaufiner et de modeler mon concept de santé intégrative avec une prise en charge globale, ce qui allait devenir en 2022 «La Demeure 2 ». J’étais persuadée – et je le suis toujours – que l’institut de beauté classique allait beaucoup souffrir, mais qu’il existait beaucoup de possibilités pour les esthéticiennes qui voulaient progresser dans le soin.

De façon assez étrange, les esthéticiennes ont pris la place qu’occupaient les infirmières, qui n’ont plus le temps, aujourd’hui, d’écouter les patients. Elles ont pris le relais. Compte tenu des conditions de travail à l’hôpital ou en milieu médical, de plus en plus déshumanisé, beaucoup d’infirmières envisagent de se reconvertir dans l’esthétique. Et ce n’est pas une mauvaise chose, mais plutôt un atout pour l’esthétique.

Dans cette optique, il parait logique de faire cohabiter médecines alternatives et esthétique. Mais qu’en est-il des coiffeurs ?

C’est vrai. C’est plus facile, pour une esthéticienne, de s’adapter aux médecines alternatives. Elle a la culture du soin et elle est consciente qu’il faut plusieurs séances pour obtenir un vrai résultat. Il est beaucoup plus difficile de convertir les coiffeurs au soin ! Ils sont dans l’éphémère, le résultat immédiat, et ils ont du mal à appréhender la nature même du soin, car il n’y a pas de produit ou de technique miracle ! Pour obtenir du résultat sur la santé du cheveu ou du cuir chevelu, il faut du temps…

Vous avez atteint votre objectif en créant La Demeure 2 ?

Je pense, oui. Mais l’idéal reste des prises en charge globales du type thalasso, adaptées aux thématiques plus urbaines. Nous nous adaptons ainsi aux contingences professionnelles et familiales de nos clientes. Les faire venir 2 à 3 fois par semaine permet d’obtenir d’excellents résultats à la fois sur le physique et le psychisme.

Ne se concentrer que sur le physique ne fonctionne pas. Nous savons bien qu’avec le niveau de stress actuel, on peut faire 80 séances de n’importe quelle technologie sans obtenir de résultat. En personnalisant les soins, en faisant en sorte que les clientes ne s’ennuient jamais et en ajoutant sophrologie ou hypnose aux soins, nous renforçons leur volonté de se prendre en charge. Et le mental entraîne le physique !

Vous parlez toujours de clientes… Vous ne vous intéressez pas à la clientèle masculine ?

Je suis plus concernée par les problèmes féminins, parce que les femmes ont tendance à en faire trop, même quand ce n’est pas nécessaire. Et elles culpabilisent. Les hommes sont plus lucides et plus pragmatiques. Quand ils sentent l’épuisement arriver, ils font une coupure. Et ils ont bien raison !

On observe tellement de pathologies féminines différentes, de la recrudescence des cancers du sein à l’endométriose. On constate moins de pathologies dues au stress chez les hommes. Près de 44% des femmes seraient ainsi en détresse psychologique, contre 33% des hommes. Heureusement, elles commencent à s’écouter.

Quelle sera la prochaine étape ?

D’ici deux ans, j’espère aller encore plus loin. Il manque encore la partie diététique et j’aimerais proposer à nos clientes des séjours de deux ou trois jours en immersion globale pour leur permettre de faire une vraie coupure dans leur quotidien. L’immersion totale permet d’aller plus loin et plus vite !

La Demeure 1 (coiffure et santé capillaire), 4, place Silly, 92210 Saint-Cloud ; La Demeure 2 (spa, beauté, sport et médecines naturelles), 23-25, rue du docteur Delfossez, 92210 Saint-Cloud.

LIRE AUSSI : « En bien-être, les clients veulent aujourd’hui un suivi global »

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