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Thermalisme : «Ce n’est pas le moment de fragiliser cette filière», s’inquiète le sénateur Hussein Bourgi

Le sénateur Bourfi s'oppose au déremboursement des cures thermales

C’est à partir de ce jeudi que les députés commencent à examiner le projet de budget pour la Sécu. Un amendement prévoit de restreindre les conditions de remboursement des cures thermales. Le sénateur PS de l’Hérault, Hussein Bourgi, a été l’un des premiers parlementaires à réagir contre ce texte. Il a accepté de répondre aux questions de Profession bien-être.

Le sénateur Hussein Bourgi s'oppose au déremboursement des cures thermalesA quelques semaines de la renégociation de la convention nationale thermale, signée tous les quatre ans entre les établissements et l’Assurance maladie, la commission des Affaires sociales de l’Assemblée nationale a adopté un amendement déposé par le député Horizons Thomas Mesnier. Ce texte vise à conditionner le remboursement des cures thermales à l’évaluation de leur service médical rendu (SMR) par la Haute Autorité de santé (HAS).

Profession bien-être : Vous vous attendiez à cet amendement ?

Hussein Bourgi : Non ! Quand j’ai pris connaissance de ce texte, j’ai été un peu surpris, puis très en colère. Surpris que ce sujet revienne sur la table de manière aussi inattendue, car ce n’est pas vraiment le moment d’aller fragiliser cette filière. Je suis un élu d’un département où nous avons trois stations thermales, Balaruc-les-Bains, Lamalou-les-Bains et Avène, et je peux vous dire que le thermalisme a été l’une des filières les plus impactées par la pandémie, puisque nous avons eu, en 2020, 66% de perte d’activité, puis 44%, l’année suivante. Et ce n’est pas fini : en 2022, on estime à 20% la perte d’activité.

Le choc de la pandémie n’est donc pas encore amorti ?

Non, vous le voyez bien. Notre objectif, c’est qu’en 2023, on soit à nouveau dans les jauges qui étaient celles d’avant le Covid. Par conséquent, je me dis que cette filière a davantage besoin d’être aidée que d’être enfoncée. Nous avons 28 stations thermales sur le territoire de la région Occitanie et il y a une volonté très forte de Carole Delga (présidente de la région, NDLR) et de l’équipe régionale de soutenir ces établissements pour les aider à sortir la tête de l’eau.

Pourquoi cet amendement aujourd’hui, selon vous ?

Vous savez bien que tous les amendements déposés par la majorité sont attentivement scrutés par les cabinets des ministres concernés, donc je me suis posé la question : est-ce qu’il s’agit d’une initiative unilatérale et intempestive, ce que j’ai du mal à croire, ou est-ce que c’est une sonde qui avait été lancée et validée par le cabinet du ministre de la Santé ? Option vers laquelle je penche davantage. C’est la raison pour laquelle j’étais particulièrement en colère.

L’actuelle convention nationale thermale arrive à son terme. Peut-on y voir un lien avec les négociations qui s’ouvriront bientôt ?

Si c’est le cas, on ne joue pas avec le travail de 100 000 personnes. On ne joue pas avec une filière qui est déjà fragilisée. Une négociation, c’est toujours un rapport de force, mais on ne prend pas en otage la santé des établissements thermaux en France et les curistes. Si on dérembourse, on laissera de côté des personnes qui n’auront pas les moyens de s’offrir une cure thermale.

Pour l’instant, les professionnels du thermalisme et de nombreux élus concernés ont choisi de ne pas s’exprimer publiquement sur cet amendement. Ce n’est pas votre cas. Pourquoi ? 

J’ai fait le choix de mettre le sujet sur la place publique pour que tout le monde soit informé et que chacun prenne ses responsabilités. On défend nos territoires et nos établissements thermaux, et, à travers eux, les emplois qu’ils génèrent, principalement des emplois locaux peu qualifiés et non délocalisables. Si, demain, on réduit la prise en charge des cures thermales, il y aura un effet direct sur l’économie locale, les commerces de proximité, la location des meublés ou des hôtels.

Quelle chance cet amendement a-t-il d’être voté ?

Cela dépendra de la mobilisation des députés. Si l’Assemblée nationale venait à retirer l’amendement, ce que je souhaite, elle ferait preuve de responsabilité et de raison. A l’inverse, si cet amendement arrivait devant le Sénat, on prendra nos dispositions. Et j’espère que nous aurons une majorité pour obtenir son retrait. J’ai fait le tour des collègues au Sénat qui sont élus de départements ayant des établissements thermaux : quelle que soit leur sensibilité politique, ils m’ont répondu qu’ils allaient se mobiliser une nouvelle fois.

Propos recueillis par Georges Margossian.

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