Qu’il soit mécanique ou chimique, le gommage contribue à réduire l’épaisseur de la couche cornée, qui est la couche la plus externe de l’épiderme. Cette couche, bien que protectrice, peut s’épaissir avec le temps, rendant le teint terne et la peau rugueuse. Mais ces deux procédés n’agissent pas de la même façon…
Les gommages mécaniques, utilisant des particules abrasives telles que des grains de sucre, de sel ou de noyaux de fruits broyés, fonctionnent en exfoliant physiquement la surface de la peau. Ces particules désincrustent les pores et éliminent les cellules mortes qui s’accumulent à la surface de l’épiderme.
Cette action mécanique affine instantanément le grain de peau, la rendant plus lisse et plus éclatante dès la première utilisation. En frottant la peau, le gommage mécanique stimule aussi la microcirculation sanguine locale, ce qui améliore l’oxygénation des tissus cutanés et favorise l’apport de nutriments essentiels.
En revanche, les gommages chimiques n’exfolient pas la peau par friction, mais par l’action d’acides exfoliants tels que les AHA (acides alpha-hydroxy) ou les BHA (acides bêta-hydroxy). Ces acides dissolvent les liaisons entre les cellules mortes, facilitant ainsi leur élimination.
Les effets biologiques des gommages mécaniques et chimiques
Activation des kératinocytes
Les kératinocytes, cellules majoritaires de l’épiderme, jouent un rôle important dans le renouvellement cellulaire. Les gommages mécaniques, en agissant par abrasion physique, stimulent ces cellules de manière superficielle. Quand la surface de la peau est légèrement irritée par l’action mécanique des grains ou particules, les kératinocytes réagissent en accélérant leur division cellulaire pour remplacer les cellules exfoliées. Cette stimulation reste toutefois en surface, agissant principalement sur les couches externes de l’épiderme.
À l’inverse, les gommages chimiques, grâce à l’action des acides exfoliants comme les AHA et BHA, pénètrent plus profondément dans la peau. Ces acides ne se contentent pas de dissoudre les cellules mortes à la surface : ils atteignent aussi les couches inférieures de l’épiderme, stimulant les kératinocytes de manière plus homogène et en profondeur. Ce processus favorise un renouvellement cellulaire plus uniforme, contribuant à une peau plus lisse et plus résistante sur le long terme.
Augmentation de la production de collagène
La production de collagène est un autre effet biologique important des gommages, notamment chimiques. Comment agissent-ils ? En pénétrant dans l’épiderme, les acides peuvent stimuler les fibroblastes, les cellules responsables de la synthèse du collagène.
Ce mécanisme conduit à la production de nouvelles fibres de collagène, ce qui améliore l’élasticité et la fermeté de la peau, tout en réduisant l’apparence des rides et des ridules. Cet effet est particulièrement recherché dans les soins anti-âge, où la stimulation du collagène est souvent provoquée pour maintenir une peau jeune et tonique.
Bien qu’ils puissent légèrement activer la production de collagène par la stimulation mécanique de la peau, les gommages mécaniques n’ont donc pas un impact aussi profond que les gommages chimiques. Leur effet est davantage limité à la surface, sans pénétration suffisante pour influencer significativement les fibroblastes.
Renforcement de la barrière cutanée
En stimulant la surface de la peau, ils provoquent une régénération rapide de la couche lipidique, ce film protecteur qui recouvre l’épiderme. Cette régénération rapide est bénéfique pour maintenir une barrière cutanée efficace à court terme, surtout après une exfoliation.
En revanche, les gommages chimiques agissent de manière plus progressive. En favorisant un renouvellement cellulaire en profondeur et la production de collagène, ils contribuent à un renforcement global et durable de la barrière cutanée.
Les gommages ne sont pas anodins pour la peau
Quand ils sont mal utilisés ou inadaptés au type de peau, les gommages peuvent provoquer des irritations, des micro-déchirures, et même aggraver certaines affections cutanées. De plus, dans leur version chimique, ils peuvent rendre la peau plus sensible au soleil et perturber sa barrière protectrice.
Irritation et micro-déchirures
Les gommages mécaniques utilisent des particules abrasives pour exfolier la peau. Si elles sont trop grosses ou trop rugueuses, ou si le gommage est appliqué avec trop de force, ce soin peut entraîner des micro-déchirures sur la peau. Ces petites blessures peuvent provoquer des irritations, des rougeurs et, dans certains cas, des inflammations.
Les peelings chimiques, quant à eux, contiennent des acides exfoliants (comme les AHA ou BHA) qui, en excès, peuvent provoquer une irritation, surtout sur les peaux sensibles. Un dosage trop élevé ou une fréquence d’application trop importante peut entraîner des rougeurs, une sensation de brûlure et une desquamation excessive de la peau.
Sensibilité accrue
L’utilisation fréquente de gommages mécaniques peut affaiblir la barrière cutanée, rendant la peau plus sensible aux agressions extérieures. Cela peut entraîner une sécheresse, des irritations et une sensibilité accrue à des produits de soin qui seraient normalement bien tolérés.
De leur côté, les acides utilisés dans les gommages chimiques peuvent rendre la peau plus sensible aux rayons UV. Cela augmente le risque de coups de soleil et de dommages causés par le soleil, comme les taches pigmentaires et le vieillissement prématuré de la peau. C’est pourquoi il est fortement recommandé d’utiliser une protection solaire après un gommage chimique.
Aggravation de certaines affections cutanées
Les peaux sujettes à la rosacée, à l’acné sévère ou aux dermatites peuvent être aggravées par l’utilisation de gommages mécaniques. Le frottement peut enflammer davantage la peau et provoquer une poussée de boutons, d’éruptions cutanées ou d’autres problèmes.
Pour leur part, si les gommages chimiques sont utilisés trop souvent ou sur une peau déjà fragile, ils peuvent perturber la barrière lipidique, ce qui peut conduire à une sécheresse, une desquamation et une réduction de la capacité de la peau à retenir l’humidité, la rendant plus vulnérable aux infections et aux inflammations.
Dans tous les cas, après un gommage, l’hydratation de la peau est indispensable pour restaurer sa barrière protectrice. Une protection solaire s’impose aussi, surtout après un gommage chimique, avec l’application d’une crème à large spectre pour éviter les dommages cutanés.
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