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Obésité : l’IMC jugé inutile pour prédire la mortalité à long terme

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Longtemps utilisé comme référence dans les bilans de santé, l’indice de masse corporelle (IMC) serait un mauvais indicateur du risque de décès, selon une étude américaine. L’impédancemétrie, qui mesure directement la masse grasse, s’avère bien plus fiable.

L’indice de masse corporelle (IMC), utilisé depuis des décennies comme repère dans l’évaluation des risques liés à l’obésité, vient de subir un sérieux revers. Publiée le 24 juin 2025 dans Annals of Family Medicine, une étude menée par l’Université de Floride, aux Etats-Unis, remet en question sa fiabilité.

L’analyse repose sur un échantillon de 4 252 personnes, représentatif de la population américaine, issu de l’enquête nationale sur la santé et la nutrition (NSH), et croisé avec le registre national des décès. Elle visait à comparer la pertinence de deux méthodes de mesure de la composition corporelle dans leur capacité à prédire la mortalité sur une période de 15 ans.

Un indicateur jugé imprécis, voire trompeur

Le verdict est sans appel : l’IMC ne présente aucune corrélation statistiquement significative avec le risque de décès, toutes causes confondues, y compris les maladies cardiovasculaires. «Cette étude est révolutionnaire. C’est le test ultime Coca-Cola contre Pepsi. Et l’IMC a échoué», résume le Pr Arch Mainous, auteur principal de l’étude, cité dans un communiqué.   

L’IMC, qui rapporte le poids à la taille au carré, ne distingue ni la masse grasse ni la masse musculaire. Il fournit une estimation indirecte, sans prise en compte des spécificités physiologiques de l’individu. Cette imprécision peut mener à des diagnostics erronés ou des prises en charge inadéquates. «Nous l’utilisons en quelque sorte pour détecter un éventuel problème de composition corporelle chez une personne, mais ce n’est pas aussi fiable pour tout le monde que peuvent l’être les signes vitaux», souligne le Dr Frank Orlando, co-auteur de l’étude.

L’analyse par impédancemétrie plus fiable

Face à ces limites, les chercheurs ont comparé l’IMC à une méthode directe : l’analyse par impédancemétrie bioélectrique, qui mesure la résistance du corps à un courant électrique pour estimer la masse grasse. Déjà présente dans certaines pratiques médicales, cette technologie peu coûteuse s’est révélée bien plus prédictive. 

Selon les résultats de l’étude, qui a été a été ajustée pour neutraliser l’influence de facteurs comme l’âge, l’origine ethnique ou le revenu, les personnes ayant une masse grasse élevée (mesurée par impédancemétrie bioélectrique) ont un risque de mortalité augmenté de 78% et un risque de décès par maladie cardiovasculaire multiplié par 3,5. Conclusion ? Selon les auteurs, il faut tourner la page de l’IMC comme indicateur de référence en santé…

LIRE AUSSI : L’IMC ne fait pas tout : un nouveau regard sur l’obésité (étude)

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