Le body positive est partout. Sur les réseaux sociaux, les messages invitant à accepter son corps côtoient les contenus célébrant la diversité des silhouettes. Pour autant, les complexes sont toujours là. Et les miroirs aussi. Le moindre bourrelet est pris en grippe…
C’est le principal enseignement d’une étude réalisée par l’Ifop pour Darwin Nutrition auprès de 3 004 personnes. Ainsi, 61 % des Françaises estiment être trop grosses, contre 41 % en 2001 et 36 % en 1997. Les chiffres parlent d’eux mêmes : en moins de trente ans, cette perception a quasiment doublé !
Une insatisfaction en hausse
Scoop de l’été, le poids reste toujours un sujet qui fâche. Aujourd’hui, 63 % des femmes se déclarent mécontentes du leur, contre 37 % en 1998. Autrement dit, près de deux Françaises sur trois ne sont pas satisfaites de leur silhouette.
L’étude montre que cette pression concerne aussi les hommes : près d’un sur deux (48 %) se trouve désormais trop gros, contre 34 % en 2001. Pour l’Ifop, cette évolution traduit une forme de «masculinisation» du complexe lié au poids à l’ère des réseaux sociaux. Certes. Mais l’obsession des bourrelets, chez les hommes, ne date pas d’Instagram. Les plus jeunes l’ignorent sans doute, mais les marchands de plaquettes de chocolat étaient déjà à l’œuvre bien avant les influenceurs.
Autre enseignement : le regard critique porté sur son corps ne dépend pas toujours de la corpulence réelle. Parmi les femmes ayant un indice de masse corporelle considéré comme normal, 36 % ont l’impression d’être trop grosses et 43 % se disent insatisfaites de leur poids. L’écart entre le corps réel et le corps désiré semble ainsi persister bien au-delà des seules questions de surpoids.
L’obsession du ventre
La longue marche vers la perfection (toute relative) ne s’est donc jamais arrêtée… Les obsessions, elles, évoluent au gré des modes. Aujourd’hui, c’est le ventre qui apparaît comme la grande anxiété du moment. Rien à voir avec les idéaux féminins aux formes généreuses et sensuelles, qui peuplaient l’imaginaire orientaliste de Théophile Gautier, ou des silhouettes associées à la maternité triomphante du XIXe siècle.
Non, ici, les Narcisse contemporains ont les yeux rivés sur leur tour de taille. Et les rondeurs abdominales sont désormais leur «principale source de complexe». Ainsi 76 % des Français souhaitent mincir du ventre, contre 28 % en 1979. Et, encore une fois, cette aspiration concerne aussi bien les femmes (78 %) que les hommes (72 %).
À l’approche de l’été, forcément, l’anxiété monte. Pas moins de 40 % des Français déclarent passer en «alerte minceur» avec l’arrivée des beaux jours, soit près de deux fois plus qu’en 1979 (22 %). Chez les femmes, cette proportion atteint 47 %. Entre la canicule, les incendies et les drones russes, la France vit au rythme des alertes.
Près d’une Française sur deux (46 %) souhaite perdre du poids avant d’aller bronzer au soleil. Et l’Ifop souligne deux fois : cette aspiration ne concerne pas uniquement les femmes en surpoids. Un tiers des femmes ayant un poids considéré comme normal (33 %) déclarent elles aussi vouloir maigrir avant les vacances.
Le body positive en pause estivale
Comment ? Les Français ne manquent pas de créativité méthodologique. Parmi les personnes souhaitant perdre du poids avant l’été, 85 % déclarent vouloir manger plus sainement, tandis que 71 % prévoient de faire du sport. Le régime strict reste présent, mais il arrive derrière ces deux options, avec 47 % des réponses. Quelques sacrifices, oui, mais dans la joie et la bonne humeur.
L’étude s’est également intéressée au mouvement «body positive». C’est vrai, on l’avait oublié… Si 52 % des Français disent adhérer à ses valeurs, et même 74 % des 18-34 ans, cette adhésion ne semble pas modifier les comportements liés au poids. On l’avait compris.
Les femmes favorables au mouvement sont aussi nombreuses à vouloir perdre du poids avant l’été que celles qui n’y adhèrent pas. Bref, exit le body positive quand il s’agit de se montrer à la plage. Le mot d’ordre redevient ce qu’il a toujours été depuis 40 ans : ni bourrelet, ni poil, ni petit bouton. Et lisse comme une peau de dauphin. La beauté intérieure attendra.
Étude Ifop pour Darwin Nutrition réalisée en ligne du 17 au 21 mai 2026 auprès d’un échantillon de 3 004 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus.
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