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Nutrition sur Instagram : les « coachs » prospèrent dans le flou réglementaire

Nutrition

Sur Instagram et TikTok, les comptes dédiés à la nutrition explosent, rapporte Le Parisien. Des professionnels de santé alertent sur le flou autour d’appellations comme «coach nutrition» et dénoncent des risques de dérives, voire «d’exercice illégal» du métier de diététicien.

Entre deux recettes de salades protéinées et une vidéo sur les «pics de glycémie», des milliers d’utilisateurs suivent aujourd’hui, et chaque jour, des créatrices de contenus qui se présentent comme «coach nutrition», «coach alimentation émotionnelle» ou encore «coach nutrition certifiée». Les médecins, eux, grincent des dents. 

«N’importe qui peut se qualifier de coach en nutrition ou nutrithérapeute, au risque de tomber dans l’exercice illégal de la profession de diététicien (un délit puni d’un an d’emprisonnement et de 15 000 euros d’amende)», met en garde l’épidémiologiste et docteur en santé publique Thibault Fiolet, alias thibsciences sur Instagram et TikTok, dans Le Parisien.

Le flou autour des programmes

Sur Instagram et TikTok, les comptes consacrés à la nutrition et au bien-être se multiplient. Certaines influenceuses cumulent plusieurs centaines de milliers d’abonnés autour de contenus mêlant recettes, conseils alimentaires et accompagnements personnalisés. L’une des figures les plus connues est Jessie Inchauspé, alias «glucosegoddess», suivie par 6 millions d’abonnés sur Instagram.

Ces créatrices de contenus utilisent des appellations variées : «coach nutrition», «coach nutrition IG bas», «coach alimentation émotionnelle» ou encore «coach nutrition certifiée». Dans leurs vidéos, les recommandations vont de conseils jugés consensuels (mieux s’hydrater, consommer davantage de fibres, varier son alimentation…) à d’autres pratiques plus discutées.

Pour les médecins, la ligne jaune n’est pas loin. «Ces conseils santé ne sont pas à prendre à la légère : ils peuvent, dans certains cas, aggraver des troubles alimentaires», estime Ghislain Grodard-Humbert, président de l’Association française des diététiciens nutritionnistes (AFDN), également cité dans le journal.

Les critiques portent aussi sur le flou entourant certaines activités. Plusieurs coachs renvoient vers des programmes payants, des livres ou des accompagnements personnalisés vendus plusieurs centaines d’euros. Certaines publications intègrent aussi des partenariats commerciaux avec des marques alimentaires.

Mieux encadrer les contenus

Les sujets traités ne sont pas non plus anodins aux yeux des professionnels de santé. Endométriose, post-partum, ménopause… Autant de thèmes sur lesquels certaines femmes disent encore se sentir seules ou insuffisamment accompagnées par la médecine traditionnelle. «Cela donne alors un boulevard pour des contenus qui peuvent vite dériver vers de la fausse information», tranche Clémentine Hugol-Gential, professeure et autrice de «Corps, alimentation et réseaux sociaux» (éditions Le murmure).

Face à ces nouvelles pratiques, les blouses blanches réclament un peu plus de filtre dans le grand buffet nutritionnel des réseaux sociaux. «On pourrait mentionner la nécessité de consulter un médecin avant tout changement de régime alimentaire», propose Ghislain Grodard-Humbert.

D’autres appellent les institutions scientifiques à être plus présentes sur TikTok et Instagram. «Il faudrait plus de personnes de l’Inserm, du CNRS, de Santé publique France, etc., pour faire de la pédagogie», suggère Thibault Fiolet, davantage partisan de la prévention que de la sanction.

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