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Retraites : les indépendants divisés sur les effets de la réforme

L'ADOPTION DE LA RÉFORME DES RETRAITES INQUIÈTE LES INDÉPENDANTS

Si la réforme des retraites est plutôt bien accueillie par l’Union des entreprises de proximité (U2P), notamment pour les carrières longues, le Syndicat des indépendants et des TPE (SDI) n’y voit, quant à lui, aucune avancée.

«Le texte définitif accède aux principales demandes portées par l’U2P depuis le début des débats», s’est félicitée l’organisation patronale des artisans, professions libérales et commerçants, après l’adoption de la réforme des retraites consécutive au rejet des motions de censure.

Dans un communiqué, elle estime que le texte définitif a évité deux écueils : l’augmentation des cotisations sociales et la baisse du niveau des pensions des retraités. Autre satisfecit : le dispositif sur les carrières longues, qui était un enjeu de taille pour le syndicat patronal, comme pour la CPME.

La réforme permet «aux personnes qui ont travaillé tôt de prendre leur retraite, deux ans, quatre ans, voire six ans avant l’âge légal», fait valoir l’U2P, ajoutant que les périodes d’apprentissage «seront prises en compte dans le calcul de la durée de cotisation, y compris pour accéder au dispositif des carrières longues».

Enfin, le gouvernement s’est également engagé à modifier l’assiette des cotisations des travailleurs indépendants, qui, à revenu égal, payent plus de CSG et de CRDS que les autres catégories professionnelles, applaudit encore l’organisation professionnelle. Des négociations vont donc s’ouvrir au cours des prochaines semaines jusqu’à l’été.

« Double peine » pour les indépendants

À l’inverse de l’U2P, le Syndicat des indépendants et des TPE (SDI) ne semble pas convaincu que la réforme des retraites puisse apporter des avancées positives pour ses adhérents (25 000 membres, dont 10% dans la coiffure et l’esthétique).

«Là où nous sommes particulièrement déçus, c’est sur la pension minimum, car même le rééquilibrage de l’assiette n’entraînera pas des droits supplémentaires, contrairement à ce que laissait présager l’annonce d’Elisabeth Borne en octobre», regrette Marc Sanchez, son président, interrogé par Profession bien-être.

L’autre déception, pour le SDI, c’est la question de la pénibilité. «Pour les salariés, elle entraîne une acquisition de trimestres supplémentaires pour un départ anticipé. Or, si beaucoup de nos chefs d’entreprise travaillent avec leurs salariés, cet aspect-là n’est pas considéré au niveau des travailleurs indépendants», poursuit Marc Sanchez. Pas convaincu, non plus, par la possibilité de pouvoir bénéficier d’une reconversion professionnelle ou d’un départ anticipé pour les salariés victimes d’une certaine usure professionnelle.

«À quel niveau de cotisation ?», s’interroge le président du SDI, qui redoute la «double peine» pour les indépendants : «Ils partagent le point de vue de leurs salariés et, en même temps, ils doivent affronter les grèves, le bloquage des raffineries, les dégradations et les manifestations. Cela risque de compliquer le chiffre d’affaires de leurs entreprises»…

LIRE AUSSI : Réforme des retraites : les principales mesures retenues par le gouvernement

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