Elisabeth Borne a détaillé mercredi sa «feuille de route» sur le travail et l’emploi, confirmant la mise en place de la réforme des lycées professionnels «dès la rentrée scolaire 2023».
Éclipsé par les mouvements sociaux depuis plusieurs semaines, la réforme des lycées professionnels revient sous les projecteurs. Au lendemain de son intervention télévisée, le 19 avril, Emmanuel Macron a annoncé son intention de présenter un projet de loi «d’ici l’été».
Fin janvier, trois mois après le coup d’envoi de la concertation, la ministre déléguée à l’Enseignement et à la Formation professionnels, Carole Grandjean, avait présenté les grandes lignes en vue d’une refonte de la voie professionnelle, mais, face à l’absence de consensus sur cette mesure, le gouvernement était revenu sur l’idée d’une augmentation de 50% des périodes de stages en lycée professionnel.
Dans sa feuille de route, Matignon dit vouloir «accélérer la transformation de la carte des formations professionnelles», avec un meilleur suivi des élèves, «plus de stages rémunérés», l’amélioration des «interactions lycées/entreprise», la création de «certificats de spécialisation professionnelle» post-bac et un «renforcement» des enseignements généraux.
Les pistes actuelles de la réforme
Cependant, selon Les Echos, l’accroissement des stages toucherait uniquement les élèves de terminale. Leur volume global sur les trois années de lycée demeurerait constant, avec une réduction en seconde. Les stagiaires bénéficieraient aussi d’une rémunération dès septembre, conformément à la promesse d’Emmanuel Macron d’offrir jusqu’à 500 euros mensuels aux lycéens professionnels.
Le bac pro pourrait, quant à lui, s’aligner sur l’organisation du bac général et technologique, avec des épreuves de spécialité en mars, remplaçant l’actuel contrôle continu. Suite à ces épreuves, la classe de terminale se scinderait en deux groupes : ceux optant pour l’insertion professionnelle effectueraient un stage, tandis que les autres poursuivraient leurs études au lycée en vue d’intégrer l’enseignement supérieur.
Enfin, l’allongement du cycle de formation de quelques mois ou d’une année supplémentaire après le bac professionnel ou le CAP serait toujours en discussion. Cette extension avait été envisagée pour renforcer les compétences fondamentales ou la formation professionnelle des futurs travailleurs.



