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Réforme du lycée professionnel : ce qu’il faut retenir après les annonces d’Emmanuel Macron

Réforme du lycée professionnel

Indemnité de stage, lutte contre le décrochage, terminale sur mesure… La réforme du lycée professionnel a été dévoilée jeudi par le chef de l’Etat, qui a promis 1 milliard d’euros par an pour valoriser les filières techniques. Détails.

L’État va investir «un milliard d’euros par an» supplémentaire pour les lycées professionnels, a annoncé jeudi Emmanuel Macron, à l’occasion d’un déplacement au lycée Bernard-Palissy de Saintes, en Charente-Maritime. «On doit aller vers 100% d’insertion professionnelle», a ajouté le président de la République, qui veut faire de ce grand chantier «une cause nationale».

La réforme du lycée professionnel était une de ses promesses de campagne en 2022. Un tiers des lycéens, soit environ 621 000 élèves, sont aujourd’hui scolarisés en lycée professionnel, où le décrochage scolaire est «presque dix fois plus fréquent» qu’au lycée général, souligne le ministère de l’Education nationale.

Autre caractéristique : la population se rajeunit. Ainsi, la proportion des élèves de 15 ans ou moins entrant en cycle professionnel est passée de 25% en 2005 à 70% en 2021, ce qui a eu un impact sur l’âge moyen à la sortie du bac pro, qui s’élève désormais à 18 ans, contre 21 ans il y a une quinzaine d’années

Une indemnité de stage

Pour améliorer leur insertion professionnelle, l’exécutif, qui s’est appuyé sur les conclusions des quatre groupes de travail mis en place en octobre, va d’abord revaloriser le travail en entreprise. Emmanuel Macron a annoncé «une indemnité de stage progressive» en fonction du niveau du lycéen.

Ce dernier sera rémunéré à hauteur de 50 euros par semaine en 1ère année de CAP et en seconde, 75 euros en 2e année de CAP et en première, et 100 euros en terminale. Un élève de lycée professionnel pourra donc recevoir jusqu’à 2 100 euros de gratification sur un cycle de trois années de formation en baccalauréat professionnel, selon le ministère de l’Éducation nationale.

L’élève effectuera jusqu’à six mois de stage durant sa scolarité et les gratifications seront versées par l’Etat, et non par les entreprises, précise-t-on au cabinet du ministre déléguée chargée de la Formation professionnelle, Carole Grandjean.

Réorganisation de la terminale

Parmi les autres mesures présentées par le gouvernement, la consolidation des savoirs fondamentaux, avec des cours de mathématiques et de français en groupes à effectifs réduits, ou encore la possibilité, pour les élèves, de choisir leurs options dès la seconde (cours de langue, codage, entrepreneuriat…), comme en voie générale et technologique.

L’année de terminale va aussi être transformée : elle sera aménagée pour permettre au lycéen de passer certaines épreuves plus tôt, peaufiner son projet professionnel et disposer d’un accompagnement personnalisé «pour mieux comprendre le marché du travail». 

Les élèves qui envisagent une insertion dans l’emploi dès l’obtention du diplôme verront la durée de leurs stages augmenter de plus de 50%, tandis que ceux qui souhaitent poursuivre dans leurs études suivront quatre semaines de cours intensifs d’enseignements généraux et professionnels. 

Après l’obtention d’un bac pro, la réforme prévoit de renforcer les formations courtes et complémentaires. Il s’agit de «passer de 4 500 à 20 000 le nombre de places en formation de spécialisation en Bac + 1 à la rentrée 2026», précise le ministère, qui va créer de nouvelles mentions complémentaires, désignées par «spécialisations professionnelles».

Éviter le décrochage des élèves

Par ailleurs, pour éviter qu’ils disparaissent des radars administratifs, un dispositif intitulé «Tous droits ouverts» doit permettre aux lycéens en train de décrocher de conserver leur statut d’élève et d’accéder à des structures d’accompagnement, avec la possibilité d’un retour aux études. Au bout de quatre mois, ceux qui resteront sans solution se verront proposer un contrat d’engagement jeune.

Le gouvernement envisage aussi la création d’un bureau des entreprises dans chaque lycée professionnel dès la rentrée 2023, ce qui devrait permettre «d’ouvrir un réseau professionnel aux jeunes qui n’en ont pas et de créer un point d’entrée pour chaque entreprise du territoire».

Pour favoriser les secteurs porteurs, Emmanuel Macron a évoqué, de son côté, la fermeture de certaines filières, mais sans préciser lesquelles. «Quand on a une filière (…) où il y a très peu de débouchés en emploi, très peu de débouchés en enseignement supérieur, cela veut dire que c’est sans doute une filière qu’il faut fermer», a-t-il relevé jeudi.

Revalorisation des enseignants

Enfin, pour répondre à la crise de recrutement des enseignants en lycée professionnel, dont les conditions de travail sont reconnues plus difficiles que celles de leurs collègues du lycée général, le futur «pacte» promis par le chef de l’Etat devait être très attractif pour ces professeurs de lycée. On en sait désormais un peu plus.

«Chaque professeur engagé et volontaire pourra prétendre dès cette année à avoir une augmentation jusqu’à 7 500 euros bruts annuels», a fait valoir Emmanuel Macron. Une hausse qui viendra «en complément de la revalorisation de tous les professeurs à la rentrée 2023», ajoute le ministère de l’Éducation nationale. 

La réforme devrait voir le jour, non pas sous la forme d’un projet de loi, comme cela a pu être annoncé auparavant, mais «majoritairement» sous la forme de dispositions de nature réglementaire, anticipe-t-on au cabinet de Carole Grandjean.

LIRE AUSSI : Réforme du lycée professionnel : l’exécutif relance le chantier

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