Logo profession bien etre : magazine d'actualité économique de la beauté et du bien-être

Beauté

Bien-être

Business

L’Union des entreprises de proximité (U2P) fait son aggiornamento

U2P

L'U2P, qui représente les artisans et professions libérales, veut dépoussiérer son image auprès des petites entreprises : elle souhaite faire évoluer son projet politique, notamment en favorisant l’adhésion directe.

Ce n’est un secret pour personne : les organisations patronales interprofessionnelles souffrent d’un déficit d’image auprès de leurs mandants, notamment les très petites entreprises. Un casse-tête pour l’U2P, qui représente 3,5 millions de TPE-PME dans les secteurs de l’artisanat, du commerce de proximité et des professions libérales, soit les deux tiers des entreprises françaises.

En juin, un baromètre réalisé par l’Ifop indiquait que 38% des petites patrons ne connaissaient pas les représentants des artisans (UPA) et professions libérales (UNAPL), qui ont fusionné en 2016 pour former l’U2P. Ce même sondage montrait, à l’inverse, que les TPE avaient une bien meilleure image de leurs syndicats de branche…

L’U2P a donc pris le temps de la réflexion. Son nouveau projet politique sera présenté en détail ce jeudi, en présence du ministre de l’Economie, Bruno Le Maire. Le temps presse. Lors de la dernière mesure d’audience, le syndicat patronal a rétrogradé à la deuxième position en termes de nombre d’entreprises adhérentes.

«Il est clair que nous avons un manque de notoriété. C’est un peu normal puisque, comme les autres organisations interprofessionnelles, on est le haut d’une pyramide», a admis son secrétaire général, Pierre Burban, le 22 septembre, lors d’une conférence de presse.

«Si je suis boulanger, j’adhère à un syndicat professionnel de la boulangerie, qui lui même adhère à la Confédération nationale de la boulangerie, qui, elle même, adhère à la Confédération générale de l’alimentation de détail, qui adhère à l’U2P… Bref, le boulanger ne sait pas systématiquement qu’il adhère à l’U2P !», a alors détaillé le responsable patronal. 

L’U2P veut fournir des services aux TPE

Pour renforcer sa proximité, et, du même coup, sa notoriété, l’U2P a donc décidé d’ouvrir les adhésions à la base, c’est-à-dire directement auprès des artisans, des commerçants de proximité et des professions libérales, au niveau régional, voire départemental, et dans tous les secteurs où sont présentes les TPE, dont le sport. 

«Nous voulons faire en sorte que cette voix des petites et très petites entreprises puisse être mieux prise en compte», a insisté Pierre Burban. Ce projet s’appuie sur un manifeste qui comporte «quatre valeurs» : le besoin d’indépendance des adhérents, la vocation professionnelle, l’expertise professionnelle et la proximité.

Autre petite révolution pour l’organisation patronale : la fourniture de services aux petites entreprises. «Aujourd’hui, il y a une aspiration de plus en plus forte à devenir indépendant, créer sa propre activité ou reprendre une entreprise, mais on attend aussi d’une adhésion des contreparties», a souligné le secrétaire général.

L’U2P va donc proposer un accompagnement qui «vise à aider tous ceux qui, en France, ont, à un moment donné, le projet de créer une entreprise», a indiqué Antoine Foucher, dont le cabinet Quintet Conseil, a conçu une plateforme, gratuite et ouverte à tous les entrepreneurs. Celle-ci devrait leur apporter de nombreuses informations : détermination de la zone de chalandise, choix du statut, données sur les marchés (boulangerie, coiffure, parfumeries, etc.). 

« L’accès aux décideurs est moins prioritaire »

Quant aux syndicats de branche, ils ne sont pas oubliés, assure l’Union des entreprises de proximité. «On aura un dispositif d’adhésion qui orientera directement sur l’organisation professionnelle qui relève du champ de l’U2P. Notre objectif est de leur apporter un soutien et de les aider à faire plus adhérents», a fait valoir Pierre Burban.

Un sondage commandé à l’Ifop par l’organisation patronale vient appuyer son propos : l’U2P est perçue comme «sensiblement plus utile» (64% des personnes interrogées à que la CPME (49%) et le Medef (40%). «Le développement du réseau et l’accès aux décideurs sont moins prioritaires» que l’accompagnement dans les démarches administratives ou les transformations numérique ou écologique, relève aussi cette étude. 

Une tendance qui n’a pas non plus échappé à l’Union nationale des entreprises de coiffure. «La transformation de l’Unec est déjà engagée. Avant, c’était plus une organisation patronale pour la défense des intérêts de la profession. Aujourd’hui, c’est aussi l’organisation, l’entreprise, le partenaire, reconnu, identifié, pour accompagner les coiffeurs», expliquait à Profession bien-être Laurent Melin, son vice-président, lors du salon MCB. Bref, plus de service, et moins de politique? 

LIRE AUSSI : L’Union des auto-entrepreneurs rejoint une organisation patronale

Facebook
LinkedIn
WhatsApp
Email
Dans la même catégorie

Nous utilisons des cookies

Welcome Back!

Login to your account below

Retrieve your password

Please enter your username or email address to reset your password.