L’Union des entreprises de proximité (U2P), qui réunit les artisans, commerçants et professions libérales, hausse le ton. Son président, Michel Picon, met en garde contre une fiscalité jugée dangereuse pour les artisans, commerçants et professions libérales. «Taxer l’outil de travail, c’est tuer la poule aux œufs d’or. Le sujet, il est de partager les œufs, pas de tuer la poule», a-t-il déclaré dans Les Échos.
La polémique autour de la taxe Zucman inquiète particulièrement les très petites entreprises. Pour 80% d’entre elles, soumises à l’impôt sur le revenu, une «année blanche» se traduirait par une hausse d’impôts. «Cela constituerait déjà une importante contribution», insiste le patron de l’U2P. Pour les sociétés soumises à l’impôt sur les sociétés, Michel Picon admet qu’une «contribution supplémentaire temporaire» pourrait être envisagée.
Lutter contre la suroptimisation fiscale
Le président de l’U2P ne nie pas que le système français est «très fiscalisé et très redistributif». Mais il estime que les efforts doivent être mieux partagés. Il cible en particulier le pacte Dutreil, qui permet d’exonérer certains biens non professionnels.
«Il faut aussi lutter contre la suroptimisation fiscale, passer au crible le pacte Dutreil – il est anormal que des biens non professionnels puissent bénéficier de ce dispositif», plaide-t-il. Et de conclure : «Il faut que des symboles tombent, pour rendre l’effort acceptable par tous les Français.»
Suppression de la CSG-CRDS sur le travail
En parallèle, le syndicat patronal avance une proposition radicale : la suppression totale de la CSG et de la CRDS sur les revenus d’activité, étalée sur cinq ans. «C’est 160 milliards qui seraient rendus aux actifs valorisant d’autant le travail par rapport aux autres sources de revenu», affirme Michel Picon.
Cette mesure serait financée par une hausse de la TVA de 4 à 5 points, tout en préservant les taux réduits. Une augmentation de la flat tax est aussi évoquée. Michel Picon rappelle d’ailleurs qu’elle était «beaucoup plus élevée sous Nicolas Sarkozy» et qu’il n’a «pas souvenir d’un effondrement du pays».
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