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Législatives : « Les TPE envisagent de suspendre leurs projets d’investissement et d’embauches »

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Au lendemain d'un scrutin où aucun camp politique n'a obtenu de majorité absolue à l'Assemblée nationale, les dirigeants des très petites entreprises ont le sentiment de n’avoir pas été entendus. Le Syndicat des indépendants et des TPE (SDI) appelle à «un front entrepreneurial». Entretien avec Jean-Guilhem Darré, son délégué général.

 Profession bien-être : Qu’est-ce qui vous inquiète dans les résultats des législatives ?

TPEJean-Guilhem Darré : On est dans un contexte où il n’y a pas de majorité, mais où, globalement, si l’on en croit ce qui se dit, c’est le bloc de gauche qui a gagné. Or, ce bloc de gauche a un programme qui est extrêmement effrayant pour les responsables de TPE, avec, notamment, l’augmentation du Smic à 1600 euros nets, l’indexation des salaires sur l’inflation et l’augmentation des impôts. Dans ces conditions, la question qui se pose pour tous les entrepreneurs, c’est : quelle est la politique qui va être conduite ? Si c’est celle de la NFP, elle n’est pas acceptable pour un responsable de TPE.

Rien n’est, pour l’instant, encore décidé en ce qui concerne la nomination du futur gouvernement. Jean-Luc Mélenchon a toutefois assuré dimanche soir que «le Nouveau Front populaire appliquera son programme, rien que son programme, mais tout son programme». Cela a fait réagir les TPE ?

Bien sûr que ça nous a fait réagir ! Cette déclaration effraye les dirigeants de TPE. Cela fait 10 mois qu’on explique que, sur le terrain, les TPE rencontrent des difficultés d’ordre financier. On le voit bien au travers de nos enquêtes. À ce jour, environ la moitié des chefs de très petites entreprises n’arrivent pas à se payer au niveau du Smic. Et là, on leur explique que, lorsqu’ils ont des salariés au Smic, ils vont devoir les augmenter de 200 euros hors charges. Le calcul est vite fait : 200 euros plus les charges, on est, en gros, à 400 euros. Sur une année, cela fait 4 800 euros. Pour ces chefs d’entreprise, c’est impossible !

Vous estimez que les TPE seront particulièrement fragilisées par ces mesures ?

Oui, parce que les grandes entreprises peuvent délocaliser et s’organiser différemment. Mais une TPE, elle, travaille en local, vit en local et embauche local. Elle ne va pas partir. Pour s’adapter à de telles hausses, son seul moyen est de diminuer ses charges, soit éventuellement d’arrêter certains investissements, soit de ne pas recruter, voire de licencier.

Une entreprise peut aussi agir sur ses prix…

En effet, on peut augmenter les tarifs, mais, comme on l’a vu ces derniers mois, les responsables de TPE n’augmentent pas leurs prix à hauteur de ce qu’ils devraient, parce que, justement, les consommateurs rencontrent, eux aussi, des difficultés financières. Et les entreprises ne veulent pas se priver de leur clientèle ! C’est un cercle vicieux.

Avez-vous sondé vos adhérents à l’issue du second tour ?

Oui, je viens de boucler une enquête flash réalisé auprès de 500 répondants hier soir et ce matin. Très clairement, ils ne sont pas satisfaits du résultat, non pas pour des questions politiques, mais pour des raisons économiques. Ils se disent que si, effectivement, le programme qui a été annoncé par Jean-Luc Mélenchon est celui qui sera mis en place, il va soulever des difficultés, pour eux, et pour l’économie française, en règle générale

Dans le détail, si 42% des TPE que nous avons interrogées envisagent de différer leurs recrutement et 70% leurs investissements, 24% des TPE comptent même annuler leurs projets d’investissement et 28%, leurs recrutements.

Les TPE sont-elles prêtes à accorder des augmentations de salaires ?

Oui, elles n’ont jamais été contre, mais pas dans les conditions où l’envisage le nouveau Front populaire, c’est-à-dire avec l’augmentation des charges qui va avec. Pour cela, il leur faut aussi de la visibilité et de la stabilité. Mais aujourd’hui, on est dans le brouillard complet.

C’est la raison pour laquelle vous appelez à un « front entrepreneurial » ?

Il s’agit de faire en sorte qu’on ait la possibilité, au travers de l’influence qu’on peut avoir auprès des nouveaux députés, de leur faire prendre conscience que le programme tel qu’il est développé à ce jour par par le NFP n’est pas tenable. Posons-nous la question : qui a gagné les élections législatives ?

En fait, c’est le front républicain. Et ce front est beaucoup plus large que simplement LFI ou le NFP. Ce qu’on souhaite, c’est qu’il puisse y avoir une majorité qui se dégage et, au moins, qui évite les écueils qui vont nous conduire dans le mur si l’on suit une seule partie de l’Assemblée nationale.

Propos recueillis par Georges Margossian.

(*) Le Syndicat des indépendants et des TPE (SDI) est une organisation interprofessionnelle. Il revendique 25 000 adhérents, dont des salons de coiffure et des instituts de beauté.

LIRE AUSSI : CPME, U2P et SDI réagissent aux résultats du second tour

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