Depuis sa précédente alerte émise en février, l’ANSM rapporte dans un communiqué que «trois nouveaux cas graves» ont été signalés en France après des injections «réalisées par des personnes non habilitées». Cette mise en garde intervient quelques mois après l’hospitalisation de huit femmes, recensée lors de la précédente alerte de l’agence.
Les patients concernés ont présenté «des symptômes sévères de botulisme avec, en particulier, des difficultés respiratoires nécessitant une hospitalisation en soins intensifs», précise l’ANSM. Selon l’agence, ces injections illégales ont été effectuées «par des personnes sans qualification médicale reconnue», parfois dans des domiciles privés ou des instituts de beauté.
Certaines sont diffusées sur les réseaux sociaux, assorties de promesses trompeuses, comme «Aucun effet secondaire» ou «Injection indolore», et de prix particulièrement alléchants. L’ANSM rappelle que la toxine botulinique est un médicament soumis à prescription médicale obligatoire. Sa vente sur Internet ou au grand public est donc interdite.
Un encadrement strict rappelé par l’ANSM
Ces injections doivent être réalisées uniquement «par des professionnels de santé habilités dans un cadre sécurisé», souligne l’agence, c’est-à-dire des médecins spécialistes en chirurgie plastique, reconstructrice et esthétique, en dermatologie, en chirurgie de la face et du cou, en chirurgie maxillo-faciale ou en ophtalmologie.
Elles doivent aussi être effectuées avec «des médicaments autorisés, dont la sécurité et l’efficacité ont été évaluées». C’est pourquoi la toxine botulinique à visée esthétique est disponible uniquement «en pharmacie ou livrée directement par le fabricant ou son fournisseur officiel à un médecin spécialisé», précise encore l’ANSM.
Des risques sérieux pour la santé
Quand ces règles ne sont pas respectées, les conséquences peuvent être graves. «Le recours à des injections en dehors du milieu médical présente des risques majeurs, tels que : infections, nécrose cutanée, réactions allergiques voire décès», met en garde l’agence.
Au-delà de ces complications, la toxine botulinique peut aussi provoquer une maladie neurologique sévère, le botulisme, si elle est «utilisée à des doses non contrôlées, mal administrée ou issue de produits non autorisés». Cette affection se manifeste notamment par «une vision floue ou double, des difficultés respiratoires, des difficultés à parler ou à avaler», et peut, dans ses formes les plus graves, nécessiter une hospitalisation en soins intensifs et engager le pronostic vital.
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