Formation professionnelle : syndicats et patronat se positionnent avant 2022

Accord sur la formation professionnelle

Avec, en toile de fond, l’adaptation de la loi «Avenir professionnel» du 5 septembre 2018, les partenaires sociaux sont parvenus vendredi à un accord-cadre national interprofessionnel (ANI) sur la formation des salariés, des chômeurs et des apprentis.

Patronat et syndicats s’étaient donnés rendez-vous jeudi soir pour préparer une série de négociations sur la réforme de la formation professionnelle. Ces discussions, dont l’objectif est de parvenir à un nouvel accord national interprofessionnel (ANI), succèdent à dix autres réunions qui ont eu lieu entre avril et juillet avec les partenaires sociaux, à l’exception de la CGT, pour faire le bilan de la loi «Avenir professionnel».

À l’issue de ces premières discussions, 49 recommandations ont été transmises en juillet au ministre du Travail, qui a donné son feu vert pour la conclusion d’un accord interprofessionnel. La concertation, qui s’est ouverte jeudi soir, réunissait, cette fois, les cinq organisations syndicales (CFDT, CFTC, CFE-CGC, FO et CGT) avec les trois mouvements patronaux (Medef, CPME et U2P). Le texte final présenté vendredi constitue un accord-cadre, qui reprend les préconisations de l’été. Il sera ouvert à la signature des organisations représentatives jusqu’au 15 novembre.

Ses auteurs y affirment leur souhait de recentrer le CPF (compte personnel de formation) sur les «enjeux de parcours professionnel», alors que le compte, aujourd’hui utilisé librement par les salariés, et dont l’enveloppe budgétaire a explosé, est «consommé sur des usages qui n’apportent pas grand-chose en termes de compétences et d’employabilité», résume Patrick Martin, numéro deux du Medef, rapporte l’AFP. La CGT, qui s’y oppose, ne devrait pas signer l’accord.

Un accord qui marque le retour du paritarisme

Autre sujet de discussion : la bonne utilisation des fonds du plan d’investissement dans les compétences (PIC), dont le Medef estime aujourd’hui qu’une partie sert à former les chômeurs – une action qui relève selon lui de la «solidarité» nationale – «au détriment des salariés en poste». Les moyens dégagés devraient, selon le patronat, être fléchés vers les entreprises de 50 à 300 salariés, censées, depuis la loi de 2018, autofinancer leur plan de développement des compétences sans bénéficier des fonds mutualisés.

Par ailleurs, compte tenu de sa situation financière, la question de la gouvernance de France Compétences, qui devrait afficher un déficit de 2,5 milliards d’euros à la fin de l’année, a été aussi mise sur la table : les partenaires sociaux réclament d’y avoir davantage «voix au chapitre».

«Le paritarisme revient dans les discussions sur la formation (…). On prouve que l’on doit compter avec nous», s’est félicitée Christine Oghly, du Medef, à l’issue des négociations. Le gouvernement qui se mettra en place à l’issue des élections présidentielle et législatives de 2022 «aura entre ses mains un accord signé par les partenaires sociaux», a-t-elle ajouté.

Avec l’AFP.

Découvrez nos partenaires

Dans la même catégorie d' Articles