À moins de quatre mois de l’échéance, de nombreuses petites entreprises découvrent encore les implications concrètes de la réforme. Choix d’une plateforme, vérification des numéros Siren et contrôle des adresses clients : la facturation électronique s’impose désormais comme un chantier administratif urgent pour les TPE.
Difficile, en effet, de laisser traîner le dossier dans le tiroir. À compter du 1er septembre 2026, toutes les entreprises devront être capables de recevoir des factures électroniques. Un détail qui a son importance : pour les PME, les TPE et les micro-entreprises, l’obligation d’émission n’entrera toutefois en vigueur qu’au 1er septembre 2027.
Les petites entreprises décrochent
L’administration multiplie les relances. Mi-avril, la Direction générale des finances publiques (DGFiP) a adressé un courrier électronique massif aux entreprises n’ayant pas encore choisi de plateforme de réception. Selon Les Echos, les opérateurs ont constaté dans la foulée une hausse des demandes de renseignement.
Message reçu ? Pas sûr. Malgré les rappels de l’Etat, les petites entreprises restent largement en retard. Un sondage OpinionWay pour Qonto, cité par Les Echos, indique que «82 % des entreprises de moins de 10 salariés disaient ne pas encore avoir choisi d’outil de facturation électronique».
Du coup, les acteurs de la réforme s’impatientent… L’affaire ne se présente pas aussi simplement que prévu. Les commerces, les entreprises de services à la personne et certains micro-entrepreneurs apparaissent parmi les plus réticents. Et cela peut se comprendre : ils émettent peu de factures à destination d’autres professionnels.
«Les premiers tests en conditions réelles font état de 30 % de factures rejetées sur 600 à 700 factures testées», rapportent Les Echos, citant l’Association française des credit managers et conseils (AFDCC). L’organisme enfonce le clou : ces rejets peuvent entraîner des retards de paiement, des corrections manuelles et des tensions de trésorerie pour les petites structures.
Un nouveau casse-tête administratif
Au pays du millefeuille administratif, les petites entreprises découvrent un nouveau chantier réglementaire. À quatre mois de la première échéance, le nettoyage des fichiers clients et fournisseurs devient une priorité. Les entreprises doivent vérifier les numéros Siren, les adresses de facturation et de livraison ou encore les informations liées à la TVA. La réforme prévoit aussi de nouvelles mentions obligatoires sur les factures.
Plusieurs experts interrogés par Les Echos alertent sur le risque de rejet en cas de données incomplètes ou erronées… Leur qualité devient ainsi un nouveau «rocher de Sisyphe» pour certaines TPE, souvent moins bien équipées que les grandes entreprises pour mener ce travail de mise à jour. Certaines études citées par Les Echos estiment qu’un quart à un cinquième des données non actualisées depuis douze mois peuvent être obsolètes.
En dernier recours, des sanctions sont prévues, mais elles ne seront pas immédiates. L’administration a annoncé une période de tolérance de trois mois après le 1er septembre. Au-delà, les entreprises qui n’auront pas choisi de plateforme pourront être sanctionnées par une amende administrative de 500 euros, puis de 1 000 euros tous les trois mois. Pour l’émission des factures électroniques, la sanction prévue atteint 50 euros par facture, avec un plafonnement à 15 000 euros.
Un numéro d’assistance est proposé par l’Etat : 0 806 807 807 (service gratuit + prix appel).
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