Le gouvernement peaufine son projet de loi de finances pour 2026. Et, si l’on en croit Les Échos, les premières victimes budgétaires pourraient bien être les jeunes apprentis. D’après le quotidien économique, plus d’un milliard d’euros de crédits alloués à l’apprentissage pourraient disparaître l’an prochain.
«À eux seuls, les crédits de l’apprentissage sont censés diminuer de plus de 1 milliard d’euros l’année prochaine, sur un peu plus de 13 milliards si l’on se réfère aux sommes prévues pour 2025», croit savoir notre confrère, alors que le ministère du Travail serait appelé à réaliser 1,5 milliard d’euros d’économies dans la copie actuelle du projet, toujours en discussion à Matignon.
Un tour de vis à plusieurs étages
Plusieurs pistes sont sur la table, comme l’augmentation du reste à charge pour les employeurs, autrement dit la part non financée par l’État dans le coût de formation d’un apprenti. Une orientation qui risque, à terme, de rendre l’apprentissage moins attractif pour les TPE, pourtant majoritaires dans les secteurs de la beauté.
Autre levier : une baisse des subventions versées aux centres de formation d’apprentis (CFA). Ces aides publiques servent notamment à financer les plateaux techniques, les équipements pédagogiques ou encore le recrutement des formateurs. Leur diminution pourrait conduire certains établissements à réduire leurs capacités d’accueil ou à repousser des investissements indispensables.
S’ajoute à cela un renforcement de la lutte contre la fraude, qui viserait à mieux encadrer les dispositifs de financement, sans que les contours précis de cette mesure soient encore détaillés. Mais c’est surtout la réduction des crédits versés aux conseils régionaux pour financer le fonctionnement des CFA locaux qui inquiète.
En effet, les régions jouent un rôle clé dans le soutien logistique et financier des centres de formation sur leur territoire. Moins de crédits, c’est moins de moyens pour assurer la continuité pédagogique, en particulier dans les zones rurales ou les villes moyennes, où de nombreux CFA sont implantés.
La prime à l’embauche dans le viseur
Autre axe d’économies à l’étude, selon Les Échos : la prime à l’embauche des apprentis. Une des pistes à l’étude consisterait à la calculer en fonction du nombre de jours exact du contrat. Pour mémoire, la prime actuelle s’élève à 5 000 euros pour les entreprises de moins de 250 salariés, et à 2 000 euros au-delà, quel que soit le niveau du diplôme préparé. Ces montants étaient encore de 6 000 euros l’an dernier.
Tout cela n’est pas encore gravé dans le marbre. Le gouvernement Bayrou doit encore passer l’épreuve du vote de confiance à l’Assemblée le 8 septembre. En cas de rejet, une nouvelle équipe pourrait être nommée dans la foulée. Mais faut-il pour autant s’attendre à un revirement sur ces arbitrages ? Pas forcément.
Pour Les Echos, même en cas de changement de majorité, les mesures d’économies déjà travaillées pourraient être reconduites. Et l’apprentissage, comme le compte personnel de formation, risque de ne pas peser assez lourd face à d’autres priorités budgétaires plus symboliques, comme l’Éducation nationale ou l’Écologie.
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