Les très petites entreprises peinent à recruter. À peine 8% des très petites entreprises ont embauché ou envisageaient de le faire (enquête réalisée du 26 mai au 13 juin). C’est l’un des plus bas niveaux jamais enregistrés pour un deuxième trimestre, hors contexte exceptionnel, souligne Fiducial dans son dernier baromètre, mené par l’Ifop.
Ce taux recule encore de deux points par rapport au début de l’année, confirmant l’atonie du marché de l’emploi dans les TPE. En toile de fond, un climat de défiance généralisé. À peine 19% des dirigeants interrogés disent faire confiance au gouvernement en matière économique, soit une chute de 7 points en trois mois.
Dans ce contexte, les signaux d’alerte se multiplient : 39% des patrons déclarent faire face à des difficultés financières (+3 pts) et 38% estiment être exposés à un risque de dépôt de bilan, un niveau inédit depuis fin 2024.
Un levier qui résiste : l’apprentissage
Malgré ces tensions, un levier continue de faire ses preuves : l’apprentissage. Plus de la moitié (52%) des TPE comptant au moins un salarié y ont eu recours au cours des dix dernières années, via des contrats d’apprentissage ou de professionnalisation.
Cette solution est particulièrement valorisée par les TPE de 6 à 19 salariés, qui y recourent plus que la moyenne (+12 à +15 points). Au total, 84% des dirigeants concernés ont une bonne image de l’apprentissage, dont 23% une très bonne, selon le baromètre.
Au-delà des perceptions, les effets de l’apprentissage apparaissent tangibles : 82% des dirigeants interrogés estiment qu’il a eu un impact positif pour leur entreprise, dont 20% un impact «très positif», au cours du deuxième trimestre. Pour plus d’un dirigeant sur deux (56%), un contrat en alternance débouche même sur une embauche, un chiffre en forte progression par rapport à 2011 (+17 points).
Une réponse difficile à mettre en œuvre
Malgré ces atouts, les TPE rencontrent des freins à sa mise en place. Près de 8 dirigeants sur 10 (78%) affirment qu’il est difficile de trouver «un bon apprenti facilement», un score en hausse de 5 points depuis 2011.
Les employeurs se montrent exigeants : ils accordent une attention prioritaire aux qualités personnelles du candidat (99%), à ses compétences acquises en formation (96%) et à sa capacité à s’intégrer dans l’organisation (92%). Par ailleurs, 89% d’entre eux reconnaissent l’intérêt des aides et déductions fiscales liées à ce type de contrat.
Quant aux dirigeants n’ayant pas recours à l’apprentissage, ils invoquent en majorité un manque d’opportunité (61%). D’autres freins existent : le manque de temps pour former (34%) et la préférence pour des profils immédiatement opérationnels (29%).
Un dispositif désormais mieux reconnu
L’alternance gagne en légitimité : 87% des patrons interrogés souhaitent que tous les diplômes professionnels, du CAP au Bac+5, soient accessibles par la voie de l’apprentissage, ce qui représente 6 points de plus qu’en 2011.
Ce mode de formation est également jugé mieux adapté aux réalités des petites structures : 77% des chefs d’entreprise le jugent pertinent pour des TPE, une progression de 31 points en neuf ans. Enfin, 63% estiment que la rémunération des apprentis est aujourd’hui équilibrée. Bref, à l’heure où les embauches classiques stagnent, l’apprentissage s’impose comme un amortisseur stratégique pour les petites entreprises.
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