«Concernant le parcours différencié en fin d’année, il y a un constat d’échec et il faut en tirer les conséquences», affirme Edouard Geffray dans un entretien aux Echos. Mis en place ces dernières années, ce dispositif devait permettre aux élèves de choisir entre insertion professionnelle et poursuite d’études sur une période de six semaines. «En réalité, ils ne sont allés ni en stage ni en cours», constate le ministre de l’Education nationale.
Parmi les premières mesures annoncées, les épreuves du baccalauréat professionnel seront désormais organisées en juin, et non plus en mai «L’année scolaire doit être pleinement utilisée pour les apprentissages», estime-t-il Cette mesure concernera les élèves actuellement en classe de première.
Sur la période dédiée à l’orientation, Edouard Geffray veut donner davantage de liberté. «Je souhaite laisser la main aux chefs d’établissement», indique-t-il. Selon lui, deux semaines pourront être consacrées, avant la mi-mars, soit à des stages prolongés, soit à un renforcement des enseignements pour les élèves souhaitant poursuivre leurs études.
Des réformes qui seront ajustées
Pour autant, le ministre assure ne pas vouloir remettre en cause l’ensemble des réformes engagées depuis 2018. «Les deux réformes mises en place depuis 2018 ont porté leurs fruits», affirme-t-il, évoquant une hausse constante des vœux d’orientation vers la voie professionnelle. Il souligne aussi la création de nombreuses places dans les filières industrielles et la mise en place d’une gratification des stages.
Il annonce aussi une réflexion sur les modalités d’examen pour les candidats non scolaires. «Un jeune de la voie professionnelle a besoin d’avoir cours toute l’année», rappelle-t-il, soulignant que certains examens mobilisent actuellement enseignants et équipements pendant les périodes de cours. «Les choses ne changeront pas en 2027, mais peut-être l’année suivante», précise-t-il.
Sur l’évolution des formations, le ministre indique que «depuis trois ans, on transforme la carte des formations professionnelles à hauteur de 5 à 6 % par an». Il cite notamment la réduction des places dans certaines filières peu porteuses et le développement de formations comme la cybersécurité ou les services à la personne. «On rénove 30 à 40 diplômes chaque année», ajoute-t-il.
Pas de bac pro en quatre ans
Interrogé sur l’hypothèse d’une quatrième année de formation, Edouard Geffray se montre réservé. «Je ne veux pas revenir au bac professionnel en quatre ans pour tout le monde. Mais il faut des parcours modulables», juge le ministre, évoquant notamment les prépas seconde et les certificats de spécialisation.
Quant à la gratification des stages, il exclut toute remise en cause. «Je ne souhaite pas qu’elle soit remise en cause. La gratification participe de l’estime de soi pour des jeunes qui ont trop longtemps été les invisibles du système scolaire», déclare-t-il.
Sur la question des stages, il appelle les entreprises à s’engager davantage. «J’appelle vraiment les entreprises à ouvrir leurs portes et à poster leurs offres sur la plateforme ‘1 élève, 1 stage’», insiste-t-il. Et pour réduire les inégalités liées aux stages, il annonce la mobilisation de places en internat.
Enfin, sur l’orientation, il souligne que seuls 900 collèges sur 5 000 ont formalisé leur plan pluriannuel. «C’est une montée en charge», reconnaît-il, tout en précisant : «Je ne vais pas les poursuivre en leur demandant leur powerpoint.»
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