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Sophrologie : « Nous sommes des pédagogues de la conscience, des positivologues »

Un nouvel Institut Caycedo France* vient d’ouvrir ses portes à Paris, dans le 13e arrondissement. L’occasion de se (re)plonger aux sources de cette discipline, fondée par le psychiatre Alfonso Caycedo. Entretien avec sa directrice, Nelly Sebon.

La sophrologie caycédienne repose sur la relaxation dynamique, une méthodologie mise au point par Alfonso Caycedo dans les années 1960. Elle se divise en douze degrés, des niveaux qui permettent de découvrir progressivement son corps, son esprit et ses émotions, sans oublier ses valeurs personnelles.

Ces douze degrés sont organisés en trois cycles de formation : le cycle «fondamental» englobe les quatre premiers degrés de la relaxation dynamique, le cycle «radical» couvre les degrés cinq à huit, puis les quatre derniers degrés forment le cycle «existentiel», dédié à des explorations plus profondes de l’existence.

Profession bien-être : La sophrologie caycédienne, qu’est-ce que c’est ?

Nelly Sebon : C’est la méthode qui va pouvoir faire vivre la sophrologie, qui est la science. Mais son fondateur, le professeur Caycedo, a été obligé de la poser et de la faire valider comme une marque en 1995, parce qu’il s’est rendu compte que différents courants s’étaient créés et qu’il était nécessaire de faire reconnaître l’éthique et la déontologie de la sophrologie initiale.

Comment s’enseigne la sophrologie caycédienne ? Avez-vous développé une pédagogie particulière ?

Dans notre institut et dans toutes les autres écoles de sophrologie, en France et dans le monde – il y en a aujourd’hui 44 -, nous suivons tous un programme commun, qui est agréé par Sofrocay, c’est-à-dire l’Académie internationale de sophrologie caycédienne, avec une base scientifique très cohérente, des théories à apprendre et des exercices à pratiquer.

En cours, nous pratiquons tous les exercices pour que le futur stagiaire puisse s’approprier les ressentis et l’expérimentation de l’essence même de chaque exercice – la respiration, la posture, les mots, etc. -, afin, ensuite, de pouvoir les proposer aux personnes qu’il rencontrera en tant que sophrologue. Un des principes phares de notre méthode, c’est l’adaptabilité,

La formation dure combien de temps ? Est-elle certifiante ?

On ne peut pas parler de formation certifiante, puisque ce n’est pas possible aujourd’hui. En revanche, nous proposons une formation «encadrante». Au total, il y a douze degrés. Les écoles agréées par Sofrocay forment aux quatre premiers degrés de la relaxation dynamique, dont la durée s’étale entre 15 et 18 mois. Les huit degrés suivants, pour le cycle supérieur, sont encadrés par Natalia Caycedo (médecin psychiatre, comme son père, NDLR).

Comment se déroule l’enseignement des quatre premiers degrés ?

Dans le premier cycle de la formation, qui s’appelle le cycle fondamental, nous allons expérimenter le corps : le corps qui est je, et si on a un corps, nous pouvons prétendre à être ce corps là. À partir du moment où nous sommes dans ce corps acteur, nous pouvons éprouver les sentiments, les sensations et gérer nos émotions.

À partir du moment où nous pouvons gérer nos émotions, nous allons pouvoir engager avec nos émotions du savoir-faire dans notre vie, se projeter dans le futur, et puis nous allons un peu expérimenter ce futur plutôt positif : on pourrait dire que nous sommes des positivologues,

Mais une fois qu’on s’est aguerris dans le fait de pouvoir comprendre comment se comporter avec nos émotions, nous pouvons aussi nous retourner et voir que nous avons une vie passée et que cette vie passée, nous n’y sommes plus. Bien souvent, les gens souffrent, parce qu’ils sont bloqués dans le passé.

Puis, une fois qu’on se retourne dans le passé, nous allons expérimenter le «je suis acteur», «je suis fort» et «j’ai des compétences», et c’est là que la personne va expérimenter la résilience. Et à partir de ce moment, elle fait partie autant de son passé, de son présent et de son futur. Maintenant, elle a vécu les quatre degrés avec ses propres valeurs.

C’est la première partie de la formation à la sophrologie caycedienne ?

Oui, et à la suite de ces quatre premiers degrés, la personne devient sophrologue. Elle peut commencer à travailler, avoir une expérience professionnelle. Nous l’engageons d’ailleurs à continuer à expérimenter.

Est-ce que vous conseillez d’avoir d’autres cordes à son arc quand on est sophrologue, comme le massage, par exemple ?

Pour vous répondre, j’ai envie de faire un peu d’histoire. Le professeur Caycedo a été également hypnothérapeute. Il a ouvert le premier centre de pathologie psychosomatique à Madrid, en 1959, et puis il a créé la méthode de sophrologie et il a arrêté l’hypnose. Et donc, je suis toujours très étonnée quand des gens se forment en sophrologie et vont ensuite partir dans l’hypnose. Je dis toujours que la méthode se suffit à elle-même. Quand on l’a véritablement expérimentée, je ne pense pas qu’il soit nécessaire de faire autre chose.

Vous maîtrisez pourtant de nombreuses techniques…

Dans le fondamental, nous avons peut-être 50 exercices…

Dont le massage ?

Non, il est hors de question qu’en formation nous apprenions de massage ! La sophrologie caycédienne, c’est une chaise. On est, soit assis, soit debout. Bien sûr, si la personne est malade, elle va pouvoir être allongée, mais c’est très rare. Nous n’avons pas du tout besoin de passer par le corps massage. La personne va expérimenter son propre corps. Nous ne toucherons absolument pas les personnes.

Quelles sont les techniques qu’un sophrologue doit apprendre ?

Nous allons travailler sur des techniques debout, par exemple, pour vivre le corps dans sa verticalité, dans son ancrage, dans sa dignité. Nous avons des techniques où nous sommes assis avec des changements de posture. Nous allons expérimenter le «comment je peux faire autrement» ou «comment j’ai fait bien ou mal», «bien ou en ayant des difficultés pour faire au mieux», etc.

En sophrologie caycédienne, nous parlons de plasticité cérébrale, c’est ce qui fait toute la différence dans la pratique des autres sophrologie. On pourrait dire que la sophrologie caycédienne, c’est une sophrologie qui va prendre l’individu dans sa globalité, avec ses forces. Le sophrologue n’est absolument pas important. Il n’est qu’un accompagnant. La personne va arriver spontanément, parce que nous allons lui apprendre comment faire. Nous sommes des pédagogues de la conscience, des positivologues.

Propos recueillis par Georges Margossian.

(*) Institut Caycedo, 100, rue Bobillot, 75013 Paris.

LIRE AUSSI : Natalia Caycedo : « Non, la sophrologie n’est pas une psychothérapie »

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