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Natalia Caycedo : « Non, la sophrologie n’est pas une psychothérapie ! »

SOPHROLOGIE CAYCEDIENNE

EXCLUSIF. De passage à Paris, le Dr Natalia Caycedo, fille du fondateur de la discipline, le neuropsychiatre Alfonso Caycedo, défend, dans un entretien à Profession bien-être, une sophrologie «authentique», fondée sur des preuves scientifiques.

 

Un nouvel institut dédié à la sophrologie caycédienne vient d’ailleurs d’être inauguré à Paris* pour promouvoir cette discipline fondée en 1960, mais qui a évolué, notamment en France, en de multiples ramifications, pas toujours en adéquation avec la méthode conçue par le Pr Alfonso Caycedo. Son parcours scientifique et philosophique a été retracé par sa fille, qui présente cette année la troisième réédition de sa biographie**.

Profession bien-être : D’où vient la sophrologie caycédienne ?

Natalia Caycedo : La sophrologie a été créée en 1960 par mon père, Alfredo Caycedo, qui était psychiatre. En soignant des personnes qui avaient des maladies psychiatriques, notamment à l’aide d’électrochocs, comme cela se faisait à l’époque, il s’est aperçu qu’il n’existait aucune science qui étudiait la conscience. Il s’y est donc consacré. D’où la définition étymologique de la sophrologie, qui vient des racines grecques «sos» «phren» et «logos», lesquelles désignent l’étude de la conscience en équilibre.

Ce qui est intéressant ici, ce n’est pas seulement l’étude de la conscience, c’est aussi de pouvoir atteindre son équilibre physique, mental et émotionnel. Au bout du compte, la sophrologie est un entraînement qui permet à chacun de mieux se connaître, et, pour y parvenir, mon père a développé une méthode qui s’appuie sur des techniques de relaxation.

Quelle est la particularité de la sophrologie caycédienne ?

Pour moi, la sophrologie caycédienne, c’est la sophrologie authentique. S’il y a d’autres personnes qui font des imitations de la sophrologie, on peut le faire, mais la sophrologie caycédienne, selon moi, c’est la véritable sophrologie. Les autres «sophrologies» ne devraient donc pas s’appeler ainsi.

Vous venez d’inaugurer un institut de sophrologie caycédienne à Paris, qui sera également un lieu de rencontres et d’échanges, voire de ressources documentaires. Vous, qui voyagez beaucoup en Europe, comment voyez-vous la place de la sophrologie en France, avec ses nombreux courants ?

Il faut reconnaître que les sophrologues caycédiens ne sont pas des experts de la communication ! Aujourd’hui, on est en train de mettre les points sur les i. L’objectif de l’Institut Caycedo, c’est qu’on puisse rayonner et montrer ce qu’est la véritable sophrologie en France. Dans d’autres pays, comme en Espagne, au Portugal ou en Italie, il n’y a pas cette confusion, car la sophrologie est toujours caycédienne. Mais ici, il y a tant de différences ! Je ne parlerais même pas de spécialisations, mais plutôt de dérives, parce que ce n’est pas la sophrologie.

Certains sophrologues français se considèrent comme des psychothérapeutes. Êtes-vous d’accord avec cette approche ?

Non, et je vais vous répondre avec un exemple. Si une personne qui vient à la consultation me demande que je l’aide à trouver quel est le trouble qu’elle a eu durant son enfance, je lui répondrais que, dans la sophrologie, on ne fait pas de la psychothérapie. S’il y a des aspects à dévoiler de son enfance, c’est par elle-même qu’elle va les trouver, puis les surmonter.

Ce que nous faisons en sophrologie, c’est : connais toi toi-même et développe tes capacités et tes valeurs. Et si la personne se soigne elle-même grâce à sa pratique, c’est l’effet thérapeutique de la sophrologie, pas parce que je suis un psychothérapeute.

Vous travaillez également à la mise en place d’une recherche scientifique autour de la sophrologie, qui était jusqu’ici la faiblesse de cette discipline. Où en êtes-vous aujourd’hui ? 

Nous sommes en train d’inaugurer des conseils scientifiques de la sophrologie dans plusieurs pays. Depuis quelques années, nous avons mené des études (sur l’insomnie (2020), l’anxiété (2020) et le stress au travail (2022), NDLR), avec l’Université autonome de Barcelone, dans une optique interdisciplinaire et internationale. L’objectif, c’est de faire en sorte que la sophrologie caycédienne soit plus connue au niveau académique et de montrer son efficacité. En France, plusieurs médecins et professeurs d’université, soit du domaine médical, soit du domaine de la philosophie, nous ont rejoints.

Est-ce que vous avez l’impression aujourd’hui que la sophrologie est de mieux en mieux acceptée par les hôpitaux en France ?

Oui, justement, ici, près de Paris, à l’hôpital Gustave Roussy, on voit que la sophrologie est acceptée, et pas seulement acceptée, car l’établissement demande des sophrologues caycédiens pour accompagner, non seulement des patients, mais aussi le personnel soignant, qui a un niveau très haut de stress.

Il y a aussi Novartis, qui nous a demandé, en tant qu’entreprise pharmaceutique, de former des infirmières dans toute la France pour que, elles-mêmes, avec les techniques de sophrologie, puissent accompagner les patients qui ont des polyarthrites et de la sclérose en plaques. Nous avons d’autres exemples qui montrent que la sophrologie est de mieux en mieux acceptée.

Mais il faut aussi se former pour être sophrologue caycédien. En quoi consiste cette formation ?

La sophrologie s’appuie sur la relaxation dynamique, qui comporte 12 degrés d’apprentissage. Les quatre premiers degrés sont enseignés pendant un an et demi. Pour le reste, c’est-à-dire les huit degrés suivants, la formation dure également 18 mois. Il y a une quarantaine d’écoles dans le monde qui transmettent la même formation, à la fois théorique et pratique. 

C’est accessible à tout le monde ?

Oui, parce qu’il y a plusieurs domaines : la sophrologie clinique de la santé, la sophrologie prophylactique et sociale, etc. Je vois aussi qu’il y a beaucoup d’entrepreneurs et d’entreprises qui se forment à la sophrologie pour apprendre les techniques de gestion du stress au travail, et, comme vous le savez, ce stress est énorme aujourd’hui chez les salariés.

Propos recueillis par Georges Margossian.

(*) Institut Caycedo, 100, rue Bobillot, 75013 Paris.

(**) « Alfonso Caycedo, Le parcours hors du commun du créateur de la sophrologie », Natalia Caycedo, éditions Sofrocay, 39 euros.

LIRE AUSSI : Claude Chatillon : « La sophrologie s’adapte sans cesse aux pathologies nouvelles »

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