Ce qui relevait hier d’une hypothèse technique prend désormais la forme d’un virage politique. Selon BFMTV, le gouvernement étudie la possibilité d’exclure l’ostéopathie du périmètre des contrats «responsables», soit 98% des offres actuellement souscrites en France.
Plus d’un Français sur deux a déjà eu recours à un ostéopathe au cours des cinq dernières années, mais ces consultations, non remboursées par la Sécurité sociale, restent partiellement couvertes par les mutuelles. Si cette option disparaissait, la facture deviendrait entièrement à la charge du patient.
«Plutôt que d’aller voir un ostéo, les patients iraient voir un kiné et un médecin. Cela conduirait à une inflation d’actes d’imagerie médicale puisque quand vous allez chez le médecin pour un mal de dos, le premier réflexe est de prescrire une radio», s’insurge Philippe Sterlingot, porte-parole du Syndicat français des ostéopathes.
Derrière la question du remboursement de l’ostéopathie se cache un mécanisme complexe mais central, celui des contrats responsables, qui encadrent la quasi-totalité des complémentaires santé en France. Ces contrats, créés pour orienter les comportements de soins et limiter les dépassements d’honoraires, définissent un cadre strict : prise en charge du ticket modérateur, respect du parcours de soins, intégration du dispositif 100% santé pour les lunettes, prothèses dentaires ou auditives.
Coût financier et absence d’efficacité démontrée
L’ostéopathie, comme la diététique ou la sophrologie, ne fait pas partie de ces garanties imposées par l’État. Si elle figure dans la majorité des offres souscrites, c’est uniquement parce que les mutuelles ont choisi de l’y inclure librement. En clair, le remboursement de ces soins n’est pas obligatoire, mais autorisé. C’est précisément cette latitude que le gouvernement pourrait aujourd’hui remettre en cause.
Deux rapports récents donnent le ton de cette possible inflexion, poursuit BFMTV. En septembre 2024, le Sénat proposait déjà de «rendre optionnelle la couverture pour ces prestations et de sortir ces garanties du contrat solidaire et responsable». En juin 2025, le Haut Conseil pour l’avenir de l’assurance maladie (HCAAM) allait plus loin, recommandant d’interdire explicitement leur remboursement au sein de ces contrats.
L’instance justifie sa position par «l’absence d’un niveau de preuve scientifique suffisant», s’appuyant sur une revue de littérature de l’Inserm publiée en 2012, qui concluait à l’absence d’efficacité démontrée de l’ostéopathie. Ces prises de position traduisent aussi une préoccupation financière. Le rapport du Sénat rappelle que «le montant pris en charge par les complémentaires santé pour les prestations connexes à la santé a quintuplé en huit ans, atteignant désormais 1 milliard d’euros».
LIRE AUSSI : Formation des ostéopathes : l’Igas pointe à nouveau ses faiblesses





