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Fermeture des écoles : « Une marche forcée vers l’enseignement à distance »

Jérôme Hériel

La fermeture inédite des écoles et universités à partir du 16 mars pose de nombreuses questions sur la continuité pédagogique ou la tenue des examens. Quelles conséquences pour l’esthétique ? Entretien avec Jérôme Hereil, président de la Fieppec*, la principale fédération du secteur.

Jérôme HérielProfession bien-être : Les mesures annoncées jeudi dernier par Emmanuel Macron vous ont-elles pris au dépourvu ?

Jérôme Hereil : C’est le moins que l’on puisse dire ! Dans l’après-midi, Jean-Michel Blanquer (ministre de l’Education nationale, NDLR) annonçait encore que les fermetures ne toucheraient pas toutes les écoles. Mais à 21h15, après l’allocution du président de la République, il convoquait une conférence de presse pour confirmer la fermeture des crèches, des écoles, des collèges des lycées et des universités à partir du lundi 16 et jusqu’à nouvel ordre, pour rassurer les parents d’élèves.

Et cela les a rassurés ?

Pas le moins du monde. Dès le vendredi matin, nous avons été submergés par les appels téléphoniques des parents affolés. Il a fallu faire face avec très peu d’informations ! Vendredi a vraiment été une folle journée, nous étions sur des charbons ardents, avant d’avoir plus de précisions vers la fin de l’après-midi.

Nous savons donc maintenant que la fermeture des établissements devrait durer au moins jusqu’aux vacances de printemps, qui démarrent le 4 avril pour la zone C, le 11 avril pour la zone B et le 18 avril pour la zone A.

Comment cela va-t-il se traduire pour les écoles d’esthétique ou de coiffure ?

L’accueil ne sera plus assuré sur place. Nous travaillons avec les professeurs pour mettre au point des programmes à distance. Car la fermeture des écoles ne signifie pas l’extension des vacances de printemps ! Cours par correspondance, visioconférences, mails, il nous faut convertir tous les cours pour que les élèves ne perdent aucun partage de connaissances.

Heureusement, la plupart des élèves possède aujourd’hui un ordinateur, une tablette ou un smartphone. Nous devrions pouvoir ainsi couvrir les besoins de 95%. Pour les 5% restants qui ne disposent ni d’un ordinateur ni d’un portable moderne, nous cherchons en ce moment des solutions adaptées.

C’est certainement possible pour les cours théoriques. Mais sur le plan pratique, comment apprendre un soin visage à distance ?

Là encore, nous allons passer par la vidéo, avec l’envoi de démonstrations de soins, que les étudiants pourront ensuite exercer de façon pratique sur les membres de leur famille. Ce sera une période expérimentale, où il faudra envisager des solutions créatives. La situation actuelle nous contraint à une marche forcée vers la digitalisation et la formation à distance.

Qu’en est-il pour les apprentis et les élèves en alternance ?

Les élèves comme les apprentis sont touchés par ces mesures. C’était un peu plus délicat pour les étudiants en alternance, car ce sont avant tout des salariés, dont le contrat prévoit certains jours à l’école. Mais ils sont employés à raison de 35 heures par semaine par l’entreprise. S’ils ne peuvent pas se rendre à l’école, ils sont censés être dans l’entreprise.

Mais là encore, il y a des exceptions. J’ai l’exemple d’une gérante d’institut qui a préféré fermer son établissement de façon temporaire pour bénéficier des aides gouvernementales actuelles. L’élève qui avait un contrat d’alternance avec se retrouve donc en chômage partiel.

Qu’en est-il des stages en entreprise ?

Là encore, c’est vraiment du cas par cas ! Certaines formations intègrent des stages obligatoires en entreprise. Or, certaines entreprises sous contrat avec nous peuvent décider de ne plus prendre d’élèves en stage. C’est le cas de Nocibé, par exemple, qui vient de nous annoncer qu’ils refusaient dorénavant de prendre de nouveaux stagiaires.

A l’inverse, nous avons fait face récemment à des parents d’élèves qui refusaient de voir leurs enfants partir en stage. Là encore, il va falloir trouver des équivalences, pour éviter de pénaliser l’étudiant. C’est un dossier sur lequel nous travaillons activement.

Est-il question de reporter les examens ?

Malgré les discours rassurants du ministre de l’Education, qui s’affirme favorable au maintien des concours et des examens, ce report me parait inévitable… Les épreuves du Bac Pro, prévues pour fin juin, devraient a priori se dérouler comme prévu. En revanche, l’organisation du BTS, programmé début avril, me semble plus compromise. De même, les examens des CQP qui devaient commencer le 24 avril devraient être reportés, soit à fin juin, soit en octobre. La décision, qui touche de 400 à 500 candidats, devrait être prise le jeudi 19 mars.

Propos recueillis par Siska von Saxenburg.

(*) Fédération internationale des écoles professionnelles de la parfumerie, de l’esthétique et de la cosmétique.

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