Après la crise sanitaire, les ventes et cessions de fonds de commerce ont enregistré une hausse de 14,3% en 2022, tous secteurs confondus, relève Altares. Le montant moyen des transactions est aussi orientée à la hausse (+7,5%), atteignant un niveau record de 215 716 euros.
Le nombre de transactions, qui avait fortement chuté pendant le Covid à environ 25 000 par an, a rebondi pour s’élever à 31 700 l’an dernier. La restauration a été le moteur de cette reprise, avec plus de 7 600 établissements cédés, soit un quart des échanges.
Plus d’un millier de transactions dans la coiffure
Dans le secteur de la beauté, les salons de coiffure ont été particulièrement actifs. Ils figurent parmi les cinq principales activités ayant enregistré plus d’un millier de cessions, avec 1 287 transactions en 2022, soit une augmentation de 18%. Cette tendance confirme la bonne dynamique déjà observée en 2021, où la croissance avait atteint 13,2%, souligne Altares.
En revanche, le prix de reprise moyen pour les salons de coiffure a légèrement diminué (-1%) pour s’établir à 72 419 euros en 2022. Quant aux instituts de beauté, ils ont suivi une tendance similaire avec une hausse des ventes et cessions de plus de 18%, soit 464 transactions en 2022. Cependant, leur prix de reprise moyen a connu, quant à eux, une augmentation de près de 4% par rapport à 2021, pour atteindre 62 771 euros.
Une disposition fiscale avantageuse
L’augmentation des reprises de fonds de commerce dans tous les secteurs d’activité est d’abord due à un phénomène de rattrapage après la crise sanitaire, estime Altares. Mais cette hausse est aussi liée à un changement fiscal favorable aux entreprises de moins de 50 salariés réalisant un chiffre d’affaires inférieur à 12 millions d’euros, ajoute la société d’études.
En effet, depuis la loi de finance 2022, les TPE-PME peuvent désormais amortir sur une période de dix ans et déduire de leur résultat imposable les fonds de commerce acquis entre 2022 et 2025.
«Les chiffres révélés par Altares suggèrent que cet aménagement fiscal pour les petites entreprises a contribué à redresser un marché des fonds de commerce en perte de vitesse ces dernières années. Provisoire, ce dispositif devrait néanmoins s’éteindre dès 2025», explique Thierry Millon, directeur des études d’Altares.
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Les zones rurales moins attractives
Les commerces les plus chers à vendre sont les pharmacies, avec un prix moyen de près de 1,2 million d’euros, suivies des supermarchés (500 000 euros), des hôtels (430 000 euros), des buralistes (350 000 euros), tandis que les restaurants s’échangent en moyenne à 200 000 euros, derrière les boulangeries à 235 000 euros.
Toutefois, la moitié des fonds de commerce en France se vendent à moins de 100 000 euros. Il est intéressant de noter que neuf rachats sur dix sont effectués par des entrepreneurs à la tête d’une très petite entreprise de moins de dix salariés.
Sur le plan géographique, la reprise économique de 2022 a profité principalement aux villes moyennes et petites. Les communes rurales et les villages de moins de 5 000 habitants ne représentent, quant à eux, que 25% des transactions l’an dernier, contre 32% en 2021. Selon Altares, ces zones perdent en attractivité.



