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Treatwell : « Nous voulons changer les pratiques de gestion dans la beauté »

Treatwell veut conquérir des places de marché

Après le rachat de Wavy et sa fusion avec le groupe italien Uala, la course à la taille est plus que jamais d’actualité pour la marketplace européenne de réservation en ligne de soins de beauté. Le point avec Augustin Charpentier, chief revenue officer (CRO) de Treatwell France.

Augustin Charpentier- TreatwellProfession bien-être : L’actualité de Treatwell a été particulièrement chargée cette année, avec, d’abord l’acquisition de Wavy, dont vous êtes l’un des co-fondateurs, puis la fusion avec Uala. Aujourd’hui, il semble que si l’on veut s’imposer sur le marché de la réservation en ligne, il faut grandir, et vite… 

Augustin Charpentier : Notre objectif, c’est de consolider notre position de leader en Europe. On est déjà présents dans 13 pays, le dernier en date, c’est la Grèce, et on veut étendre chaque année notre implantation européenne. Quant à la France, on investit beaucoup pour prendre une position dominante sur ce marché, qui est, comme vous le savez, hyper concurrentiel.

Vous ciblez les salons de coiffure, les instituts de beauté et les centres de bien-être. Quel est votre part de marché en France ?

Il faut faire attention aux chiffres qui sont diffusés par nos concurrents. Par part de marché, il faut savoir si on parle de part de marché équipé ou part de marché total. Si on considère le marché qui est équipé de la réservation en ligne avec des outils de gestion, on est plutôt aux alentours de 40% en France.

Comment comptez-vous atteindre vos objectifs en Europe ?

Pour être leader européen, investir uniquement sur le commercial, ça ne suffit pas. Il faut un investissement massif sur le produit. Chez nous, environ 150 personnes y travaillent. Car on ne fait pas que de la réservation en ligne. On intervient sur bien d’autres aspects, comme la gestion, la communication, le marketing, les ressources humaines… Et c’est parce qu’il a une vision beaucoup plus globale de ce marché que Treatwell a repris Wavy. Au-delà des chiffres, notre objectif, c’est vraiment de changer les pratiques pour donner la possibilité aux gérants d’être des bons gérants d’entreprise.

Où se situe l’innovation dans la réservation en ligne ?

Techniquement, elle se situe surtout dans les possibilités que vous allez avoir en termes de paramétrage. On essaye d’aller le plus loin dans la gestion des cabines, des collaborateurs, des clients et des prestations. L’idée, c’est que ce n’est pas à l’utilisateur de s’adapter et de changer ses habitudes, c’est au logiciel de faire ce travail.

Il y a aussi la complémentarité des services. Treatwell est aujourd’hui le seul, à ma connaissance, à être partenaire à la fois de Facebook, de Google et d’Instagram. Sur ces trois plus grosses plateformes mondiales, nos clients ont la possibilité d’avoir un bouton de réservation en ligne, ce qui leur donne une source d’acquisition incroyable pour capter des rendez-vous.

Comment parvenez-vous à convaincre les salons et les instituts qui étaient très attachés à leur planning papier ?

On va les voir, on les écoute et on les rassure. Parce qu’un gérant qui est attaché au papier, ce n’est rationnel. C’est quelqu’un qui a plutôt peur du changement, de devoir se mettre sur un autre outil, avec l’impression qu’il ne s’en sortira pas, que le papier, c’est plus simple. Or, aujourd’hui, tout le monde a compris que le digital permet de gagner du temps, de développer de l’activité et de gagner de l’argent.

Comment leur faites-vous gagner de l’argent ?

Ils vont développer leur chiffre d’affaires en attirant de nouveaux clients, mais aussi, et c’est très important, en faisant en sorte que les gens reviennent plus souvent.

Les nouveaux clients vous appartiennent ?

Non, pas du tout. La base de données appartient à nos clients BtoB. On ne redirige pas non plus leurs clients vers d’autres salons ou instituts, à la fois sur notre marketplace mais aussi sur tous nos outils de réservation en ligne. Pour le dire autrement, il y a la marketplace, où on est là pour leur apporter des clients, et puis il y a toute la partie univers du salon et des instituts, où on développe des outils qui vont leur permettre, dans leur propre environnement, de prendre directement des rendez-vous en ligne.

En échange, vous prenez une commission ?

Oui, mais nous ne gagnons de l’argent que si nos clients en gagnent. La marketplace est gratuite chez Treatwell. Si on apporte zéro client, on gagne zéro euro. En revanche, et uniquement pour les nouveaux clients, on prend un pourcentage de 25%. Pour accéder au logiciel et à tous ses services, on propose un abonnement qui commence à 29 euros.

Que répondez-vous aux coiffeurs et aux esthéticiennes qui craignent que les plateformes de réservation en ligne ne leur ramènent que des «chasseurs de primes» et qu’il est très difficile ensuite de les fidéliser?

C’est faux. Statistiquement, on est capable de voir les taux de fidélisation des clients dans les salons et ce n’est pas le cas. Les gens viennent et reviennent. Le critère, c’est surtout la proximité géographique. Et puis, je rappelle qu’on ne propose pas une plateforme de réduction de prix. On n’est pas là pour dégrader les marges des coiffeurs ou des esthéticiennes. Toutes les plateformes de réservation en ligne permettent de pister par tarif, mais la grosse majorité de nos réservations ne se fait pas que sur notre plateforme mais sur le Google du salon ou de l’institut, son Facebook, son Instagram ou son site Internet.

Propos recueillis par Georges Margossian.

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